2024, année bissextile : pourquoi ajoute-t-on une journée au calendrier tous les 4 ans ?



2024 est une année bissextile : elle est composée de 366 jours, au lieu de 365.
Ajouter un jour supplémentaire tous les quatre ans, c’est une tradition qui remonte à la Rome antique.
Au-delà de caler notre calendrier sur le système solaire, ce sont aussi plus de 27 800 personnes qui sont nées à cette date : une petite fierté, mais aussi des difficultés.

Cette année 2024 est une année bissextile. Elle comporte 366 jours au lieu de 365 pour une année classique. Pourquoi ? Notre planète ne met pas seulement 365 jours pour faire le tour du Soleil sur son orbite, comme certains le pensent, mais 5 heures, 48 minutes et 56 secondes de plus précisément. Comme l’année ne correspond pas à un nombre exact de jours, elle est ainsi arrondie à 365 jours. 

Chaque année, un quart de jour s’accumule. Au bout de quatre ans, on a donc accumulé quatre quarts de jours, soit un jour au total. Il y a donc un écart de temps entre l’année calendaire et l’année solaire. Pour rattraper ce décalage, le rééquilibrage a généralement lieu tous les quatre ans, avec l’ajout d’une journée le 29 février. Car, ce mois compte habituellement 28 jours dans le calendrier grégorien.

Ôter 5 heures, 48 minutes et 56 secondes à une année peut sembler peu. Pourtant, si toutes les années ne duraient que 365 jours, cela finirait par provoquer un décalage conséquent. S’il n’y avait jamais d’année bissextile, les saisons se décaleraient dans l’année. Dans quelques centaines d’années, le mois de juillet aurait lieu pendant l’hiver, comme l’explique la NASA.

Un principe inventé par les Romains

Mais d’où vient cette tradition ? Il faut remonter à la Rome antique. À cette époque, c’est le calendrier romain, de 355 jours, qui était utilisé. Lorsqu’on a découvert que le calendrier n’était pas tout à fait aligné sur l’année solaire, un mois intercalaire a été ajouté à la fin de l’année, tous les trois ans. Mais l’affaire s’avérait bancale : au fil des années, les mois et les fêtes changeaient de saison. En 45 av. J.-C, Jules César fit appel à l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie pour l’aider à créer une alternative au calendrier romain, plus conforme au cycle solaire. 

L’astronome proposa alors un calendrier, très proche de celui des Égyptiens, qui comptait 365 jours, avec un jour supplémentaire tous les quatre ans, entre le 24 et le 25 Februarus. Pourquoi en février ? Parce que l’année débutant par le mois de mars, il s’agissait du dernier mois de l’année. Ce calendrier est utilisé dans la majeure partie du monde occidental jusqu’en 1582. Le pape Grégoire XIII décida de perfectionner le calendrier, notamment en fixant le jour supplémentaire des années bissextiles au 29 février, et non plus au 24. Cela a donné naissance au calendrier grégorien, que nous connaissons aujourd’hui. Depuis, le système n’a plus été modifié. 

Année bissextile ou pas : une mode de calcul simple

L’année est bissextile seulement si elle respecte l’un des deux critères : l’année doit dans tous les cas être divisible par quatre, sans être divisible par 100. Mais si c’est une année de centenaire, elle doit être en complément divisible par 400. Pour cette raison, les années 1800 et 1900 n’étaient pas des années bissextiles, mais l’année 2000 l’était. Ni l’année 2100 ni l’année 2200 ne seront des années bissextiles. Les prochaines années bissextiles seront les suivantes : 2028, 2032, 2036, 2040.

Anniversaire tous les quatre ans

27 832 naissances le 29 février depuis 1968. Car oui, au-delà de ce principe de rééquilibrage des dates, des personnes sont touchées par ce système. Elles ne fêtent leur anniversaire qu’une fois tous les quatre ans. Parmi elles, il y a même des célébrités comme l’actrice Michèle Morgan (29 février 1920), l’acteur Gérard Darmon (29 février 1948) ou encore le chanteur Cheb Khaled (29 février 1960). 

Et si la plupart d’entre eux sont plutôt fiers de cette petite spécificité, ils sont aussi confrontés à des petits tracas. Inscriptions en tout genre, déclaration des impôts… Certains décrivent les galères administratives rencontrées lorsque leur date de naissance n’existe simplement pas dans la base de données et qu’ils se retrouvent du coup affublés d’une fausse date de naissance. D’autres évoquent des loupés concernant tous ces petits avantages automatisés, et notamment les bons de réductions accordés par certains magasins pour les anniversaires, qu’ils ne reçoivent que tous les quatre ans. 

Être né le 29 février peut avoir un avantage : avoir le choix de la date ou le fêter deux fois, le 28 février et le 1ᵉʳ mars et recevoir deux fois plus de “joyeux anniversaire” ?


Emma FORTON



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