à Paris, une association accompagne les adultes qui ont des difficultés à lire et à écrire


Alors qu’un adulte sur dix rencontre des difficultés importantes à l’écrit, des associations accompagnent les volontaires à retrouver un niveau suffisant pour faciliter leur quotidien.


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>Un livre dans les mains d'une femme, photo d'illustration. (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)

C’est un phénomène souvent sous-estimé : un adulte sur dix rencontre des difficultés importantes à l’écrit en France. C’est le résultat de la dernière grande enquête de l’Insee, publiée lundi soir. Bonne nouvelle, le chiffre est en baisse : c’était 16% il y a 10 ans. Sans surprise, ceux qui ont des difficultés à lire et à écrire sont surreprésentés parmi les catégories défavorisées. Dans la vie, c’est un handicap quotidien. À Paris, une association essaie de remettre à niveau 150 personnes chaque année.

Imaginez-vous dans un pays étranger où rien n’est écrit dans votre langue. C’est le quotidien de Sahar, 29 ans : “Tout ce qui est très petit, comme dans ce livre-là, j’ai du mal à voir et à lire exactement ce que c’est. Parfois, je me trompe au niveau des lettres…” Sahar, qui souffre d’infirmité motrice cérébrale, a des difficultés à se déplacer, à voir, mais aussi à lire et à écrire : “Je fais beaucoup de fautes d’orthographe. Pour remplir un document toute seule ou pour faire une jolie lettre, c’est compliqué”, regrette-t-elle.

“Toujours besoin d’une tierce personne”

Il lui faut donc une bonne dose de courage pour affronter les démarches administratives : “Tu as toujours besoin d’une tierce personne pour remplir un document. Tu n’as pas trop d’intimité parce qu’il y a beaucoup de professionnels qui connaissent ta vie, par rapport aux impôts, par rapport à plein de choses… C’est un frein total pour le milieu professionnel. Ils disent tous ‘Tu fais beaucoup de fautes d’orthographe, tu as du mal à lire.’ Donc ça bloque.”

Alors, pour retrouver la maîtrise des savoirs de base, Sahar a franchi la porte de l’association Savoirs pour réussir. Voilà 15 ans qu’elle organise des ateliers lecture en tout petits groupes animés par des bénévoles. Vanessa fait lire le même passage à quatre adultes. Elle estime que la clé c’est de leur redonner confiance en eux : “En ne maîtrisant pas la lecture et même des fois un peu l’écriture, ça leur donne un sentiment d’infériorité. Ils se comparent aux autres et souvent ils ont l’impression qu’ils ne savent rien quand ils arrivent ici et que tout le monde sait tout. Ça les bloque automatiquement.”

C’est aussi à la société de changer son regard sur l’illettrisme, estime Perrine Terrier, la directrice de l’association : “Une fois j’étais dans le train et il y avait un voyageur qui disait à sa mère ‘Oh regarde, mon menuisier est très, très bien mais regarde le texto qu’il m’a envoyé, c’est bourré de fautes, je ne vais plus le faire travailler.’ C’était complètement un non-sens.” Elle appelle à lever le tabou de l’illettrisme et à mieux accompagner ceux qui en souffrent.





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