Algues vertes en Bretagne : le phénomène “très préoccupant” vu du ciel


Les algues vertes ont fait leur retour dans plusieurs baies en Bretagne.
C’est notamment le cas dans celle de Saint-Brieuc, où plus de 800 tonnes ont été ramassées depuis la mi-mai.
Les images aériennes que montre ce reportage de TF1 dévoilent un gigantesque tapis verdâtre.

Les images aériennes témoignent de l’étendue du phénomène. Dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), les algues vertes recouvrent le sable sur des kilomètres de plages. Elles sont si nombreuses à certains endroits qu’elles forment même un tapis vert. “Tout ce qu’on voit là, c’est énorme. On voit ici que les quantités sont vraiment très préoccupantes, avec certains échouages très épais en haut de plage”, détaille dans le reportage en tête de cet article Sylvain Ballu, qui survole la Bretagne depuis plus de vingt ans pour surveiller ces marrées vertes. À près de 1000 mètres d’altitude, rien n’échappe à l’œil du scientifique. “Contrairement aux autres secteurs côtiers, la baie de Saint-Brieuc a commencé dès le mois d’avril avec beaucoup d’algues”, précise-t-il.

Si le phénomène est étudié depuis des décennies, pour de nombreux habitants, ce triste paysage est devenu trop banal dans cette baie. “C’est du gâchis, tous les ans, c’est vert comme ça à la même époque”, réagit l’un d’eux, avant de lancer : “Vous aimeriez vous baigner, vous, ici ?” Cela ne semble pas être dans les projets des touristes, plutôt inquiets. “Je suis très impressionné par cette couleur verte, et l’odeur vraiment très forte. On ne pensait pas que c’était à ce point-là et on est vraiment sidérés que rien ne puisse s’améliorer”, lance notamment un promeneur.

“Jusqu’à 100 tonnes dans une journée”

Alors que le ramassage demeure encore la solution la plus efficace pour les collectivités, plusieurs fois par semaine, l’agglomération de Saint-Brieuc récolte les algues déposées par la marée. Si ces dernières ne présentent pour l’heure pas de danger, il faut agir rapidement grâce à des opérations de court terme répétées tout au long de la saison depuis des années. 

“On va ramasser là où il y a vraiment un risque sanitaire, c’est-à-dire que quand on va avoir une épaisseur d’algues d’au moins 10-20 centimètres, si ça sèche, ça va crouter, et en dessous va se dégager du H2S, le gaz qui est mortel. Donc avant que ça arrive, on ramasse”, explique François David, responsable du service de protection des bassins versants à Saint-Brieuc Agglomération. Et de poursuivre : “On peut avoir jusqu’à 100 tonnes dans une journée, c’est très variable tout au long de la saison”.

Mais pour enrayer le développement des algues, il faut surtout faire baisser les rejets d’azote issu de l’agriculture, un long travail depuis les années 2000. Mais pour Sylvain Ballu, il faudra encore beaucoup d’efforts et de temps avant que l’écosystème ne retrouve son équilibre. “Même si on fait tout bien aujourd’hui, ça sera peut-être dans dix, quinze ans qu’on aura le plein résultat de ce qu’on aura mis en place”, estime-t-il. En attendant, les algues vertes vont continuer de proliférer cet été dans plusieurs baies bretonnes, avec un volume impossible à prédire pour l’heure.


La rédaction de TF1info | Reportage Kévin Gaignoux, Killian Moreau, Morgane Briens



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