après le « coup de tonnerre », le « coup de poker » d’Emmanuel Macron, selon la presse


Emmanuel Macron lors de son allocution, à Paris, le 9 juin 2024.

Après le « coup de tonnerre » provoqué par la victoire historique de l’extrême droite aux élections européennes, la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée par le président de la République, Emmanuel Macron, constitue « un coup de poker », souligne de façon unanime la presse française, lundi 10 juin.

« La double déflagration », titre l’éditorialiste Jean-Pierre Dorian dans Sud Ouest. « La première a retenti avec l’annonce des résultats et le score du Rassemblement national » et la seconde quand le chef de l’Etat a « provoqué l’électrochoc suivant, annonçant (…) la dissolution de l’Assemblée nationale ».

C’est « un pari extrême », titrent de concert Midi libre et Libération. « L’option de la dissolution est audacieuse, elle est périlleuse, voire dangereuse, si au terme de ce processus le choix des Français devait se porter sur le Rassemblement national (RN) en désignant de facto Jordan Bardella comme premier ministre », estime Olivier Biscaye dans le Midi Libre.

« Une décision de tous les dangers », met en garde Stéphanie Zorn dans La Voix du Nord, tout comme Stéphane Vernay dans Ouest France pour qui « c’est prendre le risque d’un raz-de-marée RN les 30 juin et 7 juillet prochains ».

Pour Alexis Brézet, dans Le Figaro, « le chef de l’Etat prend le risque de confier demain les rênes du pouvoir au parti dont il avait promis d’endiguer la progression ». Il affirme que « le risque est grand que le chef de l’Etat galvanise les énergies, certes, mais contre lui ».

« La décision qu’il a prise hier est grave et lourde. Elle ouvre un temps de clarification indispensable. A chacun des Français de faire le choix le plus juste », invite Séverin Husson dans son éditorial dans La Croix, estimant qu’Emmanuel Macron « appelle chacun à sortir de sa torpeur face au péril nationaliste qui menace le pays ».

« Nul ne peut plus échapper à ses responsabilités »

Stéphane Vernay, dans Ouest France, souligne que « les populistes et les eurosceptiques progressent certes à l’échelle de l’Union européenne, mais [que] la France est le seul pays dans lequel l’écart avec un parti de gouvernement classique est aussi fort ». « La France se distingue désormais comme un territoire à la pointe de ce regain nationaliste, populiste et xénophobe à l’œuvre sur l’ensemble du continent », selon Paul Quinio dans Libération.

Le « pari de Macron », qui redevient ainsi le « maître des horloges », est de provoquer « un moment de vérité. Quitte à tout mettre dans la balance, son camp, ses idées et peut-être même son destin », écrit Stéphane Vergeade, dans La Montagne.

Dans Le Républicain lorrain, Sébastien Georges se demande s’il s’agit d’un « pari habile, [d’un] calcul politique, [d’une] recomposition du paysage avec de nouvelles alliances ou des coalitions de circonstance, [d’un] simili statu quo, [d’un] tremblement de terre ou [d’une] politique de la terre brûlée ». Mais pour lui, dans tous les cas, « c’est bien l’incertitude qui plane sur France ».

Chaque Français se retrouve donc dès lundi matin « face à son devoir », car « nul ne peut plus échapper à ses responsabilités. A commencer par Emmanuel Macron qui plonge la France dans une incertitude inédite », rappelle Olivier Biscaye dans Midi libre.

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Paul Quinio préfère penser que le « pari [d’Emmanuel] Macron » est peut-être de « faire la preuve, avant 2027 et la prochaine présidentielle, de l’impuissance du Rassemblement national à résoudre les problèmes des Français », jouant ainsi « sur un coup de dés son avenir, et celui de la France ».

Le Monde

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