Attal accuse la gauche «d’aller à la soupe» après le nouvel accord avec LFI


Devant les députés du parti présidentiel, le premier ministre a repris la parole pour la première fois depuis la défaite macroniste aux européennes et la dissolution.

Sa prise de parole était très attendue. Pour sa première expression depuis la dissolution surprise annoncée dans la foulée de la défaite macroniste aux européennes, Gabriel Attal a pris place mardi devant les députés du parti présidentiel. Une réunion de groupe devant un public clairsemé, le gros des troupes préférant la suivre à distance depuis leur circonscription où ils repartent en campagne en vue des législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet prochains. Quand d’autres ont carrément séché le rendez-vous: «Terrain, terrain, terrain», témoigne un élu qui assume ne pas avoir prêté son oreille à l’intervention du chef de la majorité.

Le premier ministre ira «au bout de son devoir», a-t-il affirmé à ses troupes alors que son maintien à Matignon au delà du 7 juillet, date du second tour, est très improbable. Décidé à mener campagne -même s’il n’a pas évoqué l’éventualité de sa candidature dans son fief des Hauts-de-Seine -, le premier ministre a fustigé les accords négociés entre les oppositions. «Tous les partis parlent d’eux et de tambouille. Nous devons parler des Français, c’est notre différence», a-t-il affirmé selon des propos rapportés au Figaro par des participants.

Gabriel Attal a en particulier fustigé l’accord scellé lundi soir entre les partis de gauche, dont les Insoumis: «Il faut dénoncer cet accord indigne». «Ils sont allés à la soupe», aurait jugé en substance le chef du gouvernement, référence au choix des socialistes, écologistes et communistes de passer outre leurs divergences avec LFI. «Ils pouvaient nous dire qu’ils ne savaient pas en 2022 ce que serait l’attitude de LFI. Ils ne peuvent plus le dire aujourd’hui car ils savent très bien ce que c’est», a-t-il précisé, écho à l’éclatement de la Nupes avant le scrutin européen. «Je fais la différence entre un député LFI et les Français. Je sais qu’un Français qui vote à gauche» s’il a le choix «au second tour entre un candidat RN et nous, il saura penser au pays vu le danger du RN au pouvoir», a-t-il affirmé, suggérant que le barrage républicain pourrait encore fonctionner.

D’une manière générale, le chef du gouvernement estime que le scrutin prévu dans trois semaines permettra aux Français de trancher «un choix de société». «Le choix entre ceux qui respectent les règles et les personnes; entre ceux qui ont obtenu des résultats économiques inédits et le chaos financier et social», a poursuivi Gabriel Attal pour attaquer le Rassemblement national, grand favori du scrutin.

«On s’engage parce qu’on sait qu’avec le RN, le remède serait pire que le mal», a fustigé le premier ministre qui avait débattu avec Jordan Bardella lors de la campagne des européennes.



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