Au Royaume-Uni, les autorités médicales et politiques accusées d’avoir dissimulé le scandale du sang contaminé


Des photos des victimes du sang contaminé sont exposées lors d’une veillée, avant la publication du rapport final de l’enquête, à Londres, le 19 mai 2024.

Les autorités de santé et politiques ont dissimulé la vérité autour du vaste scandale de sang contaminé qui a fait près de 3 000 morts au Royaume-Uni entre les années 1970 et 1990, a conclu lundi 20 mai l’enquête publique après sept ans de travaux. Ce scandale, qui a vu des milliers de personnes contaminées par le virus de l’hépatite C et le VIH après avoir reçu des transfusions sanguines, pendant une vingtaine d’années, « aurait pu être largement évité », affirme dans son rapport l’ancien juge Brian Langstaff, qui a présidé l’enquête.

En 2017, le gouvernement britannique, alors dirigé par Theresa May, avait décidé d’ouvrir une enquête publique pour faire la lumière sur ce drame, désigné comme « la pire catastrophe médicale » dans l’histoire du service public de santé britannique, le NHS.

A l’issue de sept ans de travail, le recueil de plus de 5 000 témoignages et l’examen de dizaines de milliers de documents, le rapport final – lourd de plus de 2 000 pages – et attendu avec impatience par les victimes et leurs proches, a été rendu public lundi. Il décrit les erreurs du secteur médical, des pouvoirs publics et des industriels qui ont conduit à la contamination de milliers de personnes dans tout le pays.

L’enjeu central des dédommagements

En 2022, après la publication d’un rapport d’étape, le juge Brian Langstaff avait appelé le gouvernement à verser des dédommagements immédiats aux victimes, sans attendre la fin des investigations. Le gouvernement avait annoncé dans la foulée un premier versement de 100 000 livres (119 000 euros) à plusieurs milliers de personnes.

Le coût final des indemnisations devrait atteindre plusieurs milliards de livres et doit être annoncé mardi. Le premier ministre, Rishi Sunak, doit s’exprimer devant le Parlement lundi, dans l’après-midi.

« Il doit s’excuser au nom de tous ceux qui nous ont abandonnés au fil des années, y compris les gouvernements qui nous ont caché la vérité pendant si longtemps », a affirmé lundi sur Sky News Andrew Evans, cofondateur du groupe Tainted Blood (« sang contaminé »), hémophile et lui-même contaminé par le HIV et l’hépatite C à l’âge de 5 ans.

Le Monde avec AFP

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