Brough Superior Dagger, luxueuse et… rapide ?


En 2013, le constructeur français Brough Superior a fait renaître de ses cendres une marque anglaise, disparue depuis 1940.
Depuis, toutes les motos ont conservé le design des modèles anglais des années 1920.
Loin d’être connues pour leur sportivité, les motos de Brough Superior prennent un nouveau tournant avec le dernier modèle : la Dagger.

Parmi les motos les plus luxueuses et les mieux finies au monde, Brough Superior est indéniablement une référence. Ce constructeur français, qui a fait renaître une marque anglaise disparue il y a 80 ans, a toujours allié la modernité des pièces et l’esthétique des motos passées… Excepté pour le nouveau modèle : la Brough Superior Dagger, qui fait preuve uniquement de modernité et souhaite devenir la moto la plus rapide de la marque. 

D’apparence, la moto a d’ores et déjà l’air plus sportive

Jusqu’ici, les bolides du constructeur n’ont jamais été reconnus pour leur sportivité, tant d’un point de vue esthétique que dynamique. Toute la construction était concentrée sur les détails de finitions, moins sur la sportivité de la moto. Alors pour le nouveau modèle, Brough Superior a, dans un premier temps, revu l’entièreté du design de sa nouvelle Dagger. Depuis la reprise de la marque anglaise par des Toulousains, en 2013, le constructeur a toujours procédé de la même manière pour l’esthétisme de ses motos : des pièces rondes, tout en métal, formées à la main et qui brillaient au soleil. 

“Visuellement plus compacte et plus ramassée” selon Bader Benlekehal, notre journaliste, la Dagger semble déjà plus rapide, avant même que sa puissance et son efficacité n’aient été testées. Pas un millimètre de chrome, de grandes roues fines, d’échappement conique ou de toute référence design des années 1920. La nouvelle moto de Brough Superior est totalement couverte de carbone, d’aluminium anodisé noir et surtout… plus sportive.

Les concepteurs ont joué sur la géométrie de la moto

“Cette Dagger n’a pas du tout le même comportement dynamique [que ses ancêtres]. Elle est plus précise, plus incisive et incite beaucoup plus à jouer”, argumente notre journaliste. Pour parvenir à ces résultats, les concepteurs ont joué sur la géométrie de la moto, sans tout changer pour autant. Parmi les choix techniques conservés, on retrouve le train avant de type Fior, un bras en aluminium à amortisseur qui permet d’avoir une moto plus dynamique sur les phases d’accélération et de freinage. 

Aussi, l’une des nombreuses choses qui caractérise les modèles de Brough Superior, c’est le cadre intégralement en titane, “travaillé en osmose avec un ensemble de pièces en aluminium”. Toutes les motos du catalogue du constructeur français ont cette même base. Sauf, encore une fois, la Dagger. En effet, le bolide est plus court et ses roues plus petites (17 pouces contre 18 ou 19 sur les autres modèles). Mais ce détail améliore surtout la maniabilité du véhicule et explique pourquoi le train avant est plus incisif lors des virages. En clair, le choix des matériaux ne laisse aucun doute sur les ambitions de Brough Superior.

La Dagger frôle les 80 000 euros

La moto bicylindre est dotée d’une puissance de 102 chevaux avec un moteur mis au point par Akira, un motoriste français lui aussi. Il a été usiné et assemblé dans les locaux de Brough Superior, à Toulouse. Sur la route, le caractère de la moto s’avère très convaincant, quand quelques imperfections sont tout de même à noter à bas régime : lorsque vous roulez à basse allure, le moteur devient “un peu capricieux”, selon Bader Benlekehal. 

Côté tarif, accrochez-vous bien, puisque l’on frôle les 80 000 euros et la Dagger fait désormais partie des motos les plus chères du monde. Mais c’est bel et bien le prix à payer pour vous offrir un savoir-faire indéniable, une construction irréprochable et une ingénierie nationale. En bref, l’excellence à la française. 


Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Bader BENLEKEHAL



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