dans le Bronx, Donald Trump courtise les électeurs noirs et hispaniques



« J’y étais ». Le message inscrit sur les t-shirts rouges vendus dans l’entrée reflète le côté historique de l’événement. Ce n’est pas tous les jours que le South Bronx, quartier pauvre du Bronx, reçoit la visite d’un ancien président républicain et milliardaire.

C’est pourtant ce qui s’est passé ce jeudi 23 mai, quand Donald Trump, accompagné d’un cortège de partisans en casquettes rouges, a investi le parc Crotona pour son premier meeting à New York depuis 2016. « Je me suis réveillé ce matin en me demandant : vont-ils être hostiles ou amicaux ? Et bien, vous êtes plus qu’amicaux ! », a-t-il lancé aux milliers de personnes venues l’acclamer pour l’occasion.

Certes, beaucoup d’entre eux ne venaient pas du Bronx, mais le visage de la foule était sans conteste plus métissé que les meetings trumpistes traditionnels, qui sont largement blancs. Parmi les participants, on pouvait croiser des Afro-Américains, des Portoricains, des Dominicains, des Asiatiques, des Blancs et un contingent non négligeable de jeunes juifs orthodoxes, soutiens de longue date de Donald Trump pour ses positions pro-israéliennes.

« Les démocrates nous prennent pour acquis »

L’objectif du candidat : montrer que son discours peut séduire jusque dans cette zone largement peuplée d’Hispaniques et d’Afro-américains, un électorat qui se détourne de Joe Biden d’après plusieurs sondages. « Les démocrates nous prennent pour acquis alors que, concrètement, notre situation ne s’améliore pas quand ils sont aux affaires », souffle Christa Brown, une habitante afro-américaine du Bronx rencontrée au meeting.

Janet Aredo est d’accord. Cette mère de famille portoricaine dit « étouffer » à cause de l’inflation élevée qui a marqué la présidence Biden. « Tous les prix augmentent : l’essence, la garde d’enfants, la nourriture… C’est devenu très difficile de payer ses factures, son loyer. Je fais davantage confiance à Donald Trump pour inverser la tendance ».

« De nombreux électeurs démocrates dans le Bronx se souviennent que leur situation économique était plus confortable quand il était aux affaires. S’ils décident de voter pour lui en novembre, ça sera pour des raisons d’argent », ajoute Pearl, une Afro-Américaine qui soutient le milliardaire pour ses positions anti-avortement.

« Quand j’étais président »

Sur scène, ce dernier s’est présenté comme le champion d’une économie qui marche pour tous – sans pour autant évoquer de mesures précises pour aider des quartiers en difficulté comme le South Bronx. « Si vous aviez un petit commerce ou n’importe quel autre job quand j’étais président, vous avez gagné beaucoup d’argent. Et il n’y avait pas d’inflation ! », a-t-il lancé. Et de rappeler que les populations noires, asiatiques, hispaniques ont enregistré des taux de chômage très bas quand il était au pouvoir.

« Sous Biden, les Afro-Américains et les Hispaniques se font ravager », a-t-il affirmé, accusant les migrants qui entrent dans le pays par la frontière sud, à cause de la supposée inaction du démocrate, de leur « prendre des emplois, des logements et de leur faire perdre tout ce qu’ils peuvent perdre ».

L’accueil de ces derniers à New York est souvent critiqué au sein des populations défavorisées, qui estiment que les nouveaux arrivants mobilisent les ressources de la ville à leur détriment. Avec ce positionnement, Donald Trump espère ravir l’État de New York aux démocrates en novembre. Le dernier républicain à l’avoir fait fut Ronald Reagan en 1984. Il avait fait campagne dans le South Bronx quatre ans plus tôt.



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