dans une lettre aux Français, Macron dit se laisser «un peu de temps» pour nommer un premier ministre


Estimant que «personne ne l’a emporté» dans les urnes, le président a rédigé une lettre aux Français pour appeler à bâtir des «compromis» dans «un large rassemblement».

«Personne ne l’a emporté. Aucune force politique n’obtient seule une majorité suffisante et les blocs ou coalitions qui ressortent de ces élections sont tous minoritaires.» Voici l’enseignement que tire Emmanuel Macron des élections législatives, dans une lettre aux Français publiée ce mercredi après-midi par la presse quotidienne régionale. «Si l’extrême droite est arrivée en tête au premier tour avec près de 11 millions de voix, vous avez clairement refusé qu’elle accède au gouvernement», écrit le chef de l’État. «Seules les forces républicaines représentent une majorité absolue, poursuit-il. La nature de ces élections, marquées par une demande claire de changement et de partage du pouvoir, les oblige d’ailleurs à bâtir un large rassemblement.»

Emmanuel Macron s’adresse donc «à l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’État de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française». Il ne nomme aucun parti, mais ces critères excluent à ses yeux le Rassemblement national et La France insoumise, et correspondent donc à ce qu’il a appelé à de nombreuses reprises «l’arc républicain». « Ce que les Français ont choisi par les urnes – le front républicain -, les forces politiques doivent le concrétiser par leurs actes», martèle-t-il.

«L’invention d’une nouvelle culture politique française»

«C’est à la lumière de ces principes que je déciderai de la nomination du premier ministre», poursuit Emmanuel Macron, pas pressé de désigner un successeur à Gabriel Attal : «Cela suppose de laisser un peu de temps aux forces politiques pour bâtir ces compromis». Un moyen de gagner du temps, alors que le chef de l’État participe à partir de ce mercredi au sommet de l’Otan à Washington, et doit regagner la France vendredi matin. «D’ici là, le gouvernement actuel continuera d’exercer ses responsabilités puis sera en charge des affaires courantes comme le veut la tradition républicaine», indique le président, sans préciser la date à laquelle il compte signer le décret de cessation des fonctions du gouvernement. Un enjeu crucial pour les ministres élus ou réélus députés, puisqu’ils n’ont pas le droit de siéger à l’Assemblée nationale si le gouvernement n’est pas officiellement démissionné et chargé de gérer les affaires courantes.

Appelant au «sens de la concorde et de l’apaisement», Emmanuel Macron estime que «notre pays doit pouvoir faire vivre, comme le font tant de nos voisins européens, cet esprit de coalition et de dépassement que j’ai toujours appelé de mes vœux». «Dimanche dernier, vous avez appelé à l’invention d’une nouvelle culture politique française. Pour vous, j’y veillerai. En votre nom, j’en serai le garant», conclut Emmanuel Macron.



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