Des civils polonais s’entraînent avec l’armée, l’Ukraine et le Bélarus à l’esprit


Dans une base militaire polonaise au sud-ouest de Varsovie, 200 civils s’emploient à tirer des coups de feu, à lancer des grenades factices et à s’initier aux tactiques militaires, au cours d’un beau week-end d’été.

Cette session d’entraînement à Tomaszów Mazowiecki fait partie d’une vingtaine de projets proposés par l’armée polonaise aux civils, au moment où la guerre fait rage dans l’Ukraine voisine et où la tension monte à la frontière avec le Bélarus.

« J’ai deux enfants, je voulais apprendre les bases de la survie et ce qu’il faut faire dans une situation dangereuse », raconte à l’AFP Monika Ludwiczak, une secrétaire d’école de 41 ans.

« Peut-être qu’un jour, je devrai défendre mes propres enfants », explique-t-elle.

Tout comme elle, certains ont un fusil dans les mains pour la première fois de leur vie.

D’autres veulent juste se familiariser avec les nouvelles armes et les tactiques.

« Je ne sais pas dans quelle direction les choses vont évoluer mais nous voulons y être préparés », lâche Tomasz Sandkowski, un investisseur de 54 ans qui avait pourtant fait son service militaire par le passé.

« Ces deux dernières années ont renforcé ce besoin », dit-il, évoquant la guerre en Ukraine.

« De plus en plus de volontaires »

La Pologne, un important soutien de Kiev, est de son côté confrontée à des problèmes de sécurité, le long de la partie orientale de son territoire, avec le Bélarus, un allié de la Russie.

Le gouvernement polonais accuse les autorités bélarusses d’encourager les migrants à franchir la frontière de l’UE dans le cadre d’une forme de « guerre hybride ».

En juin, un soldat polonais est mort poignardé au moment où des migrants tentaient d’entrer en Pologne, dans des circonstances qui font toujours l’objet d’une enquête.

L’armée polonaise organise des sessions de formation militaire gratuites de huit heures, considérées comme une occasion de susciter l’intérêt des recrues potentielles.

Sur les 200 personnes présentes à l’entraînement dispensé à Tomaszów Mazowiecki, 10% ont dit envisager un possible futur engagement.

« En participant à un tel projet, un volontaire peut voir de l’intérieur à quoi ressemble la vie dans l’armée », dit à l’AFP la sous-lieutenante Borek, qui a demandé de ne pas dévoiler son prénom, travaillant au centre de recrutement militaire de Tomaszów Mazowiecki.

« Chaque année, nous avons de plus en plus de volontaires », ajoute-t-elle.

« Nous voyons ce qui se passe en Ukraine », souligne le lieutenant-colonel Zbigniew Kowalski, de la 25e brigade de cavalerie aérienne de Tomaszów Mazowiecki.

« Nous savons bien quelles compétences devrait avoir la population pour faire face à l’environnement actuel », insiste-t-il.



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