Ebola: portrait d’un virus tueur


Malgré l’arrivée récente de vaccins et de traitements,le virus Ebola demeure un tueur redoutable pour l’être humain, avec plus de 15.000 morts de cette fièvre hémorragique depuis 1976 en Afrique.

Vendredi marque le 10ème anniversaire de la détection du premier cas en Sierra Leone, le 24 mai 2014.

D’où vient le virus?

Le virus Ebola est identifié pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo (RDC, à l’époque Zaïre). Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) doit son nom à une rivière du nord du pays, près de laquelle la première épidémie a éclaté.

Six « sous-types » distincts ont depuis été répertoriés: Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston, Forêt de Taï et Bombali. La souche Zaïre est à l’origine de l’immense majorité des cas depuis 2014.

Comment se transmet-il?

Le virus circule parmi les chauve-souris mangeuses de fruits, considérées comme l’hôte naturel d’Ebola et qui ne développent pas la maladie.

D’autres mammifères, comme les grands singes, les antilopes ou les porcs-épics, peuvent le véhiculer puis le transmettre à l’humain.

Lors d’une épidémie, Ebola se transmet entre humains par contacts directs et étroits. Une personne saine est contaminée par les fluides corporels d’un malade: sang, vomissures, matières fécales…

Les rites funéraires, avec un contact direct avec la dépouille d’un malade, peuvent jouer sur la transmission.

Contrairement à la grippe, ce virus ne se transmet pas par voie aérienne. Ebola est donc moins contagieux que de nombreuses maladies virales.

Mais ce virus est redoutable par son taux de mortalité très élevé: entre 40% et 70% par exemple pour les épidémies les plus récentes en RDC, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

D’après une étude publiée en 2021 dans la revue Nature, le virus pourrait rester dormant dans l’organisme de survivants, se réveiller des années plus tard et déclencher de nouvelles flambées.

Quels symptômes?

Après 2 à 21 jours d’incubation, Ebola se manifeste par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et de gorge.

Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’une atteinte rénale et hépatique et parfois d’hémorragies internes et externes.

Des séquelles sont fréquemment observées chez les survivants: arthrite, problèmes de vue, inflammation de l’œil et troubles auditifs.

Vaccins, traitements

Deux vaccins – Ervebo de Merck et Zabdeno de Johnson & Johnson – ont été validés contre la version « Zaïre » du virus.

La vaccination, associée à des anticorps monoclonaux, a ainsi permis de freiner puis stopper la propagation du virus au nord-est de la RDC en 2021, selon les autorités sanitaires congolaises.

Le risque de mourir d’Ebola a aussi été réduit de moitié chez les vaccinés avec Ervebo, y compris lorsqu’ils l’ont été un jour ou deux avant l’apparition de symptômes, selon une étude parue mi-février dans la revue Lancet Infectious Diseases.

L’OMS a recommandé en 2022 deux traitements par anticorps monoclonaux (Inmazeb et Ebanga) réduisant fortement les risques de décès pour les malades et les nouveau-nés des mères malades. Ils fonctionnent contre la seule souche Zaïre.

Contre la version « Soudan », pour laquelle n’existe ni traitement ni vaccin approuvé, trois candidats-vaccins sont testés depuis fin 2022-début 2023 en Ouganda, après feu vert de l’OMS.

La pire épidémie (2013-2016)

Partie du sud de la Guinée en décembre 2013, l’épidémie la plus violente de l’histoire d’Ebola a frappé l’Afrique de l’Ouest jusqu’en 2016.

Elle a coûté la vie à plus de 11.300 personnes sur près de 29.000 cas enregistrés, essentiellement au Liberia, Sierra Leone et Guinée. L’OMS a déclaré l’épidémie terminée en mars 2016.

Nombreuses flambées en RDC

La RDC a connu plus d’une douzaine de flambées épidémiques depuis 1976, faisant plus de 3.000 morts au total, selon une compilation des chiffres de l’OMS.

L’épidémie d’Ebola la plus meurtrière y a fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades entre 2018 et 2020. La toute dernière flambée, démarrée en avril 2022 et déclarée finie en juillet 2022, a causé cinq morts.

Ouganda, dernière épidémie notable

Théâtre de la dernière épidémie notable, l’Ouganda a connu sa septième flambée à l’automne-hiver 2002, pendant près de quatre mois, avec officiellement 55 décès.



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