Élisabeth Borne, Olivier Dussopt, Olivier Véran… Les anciens ministres redeviennent députés



Freddy Sertin, Servane Hugues, Frédéric Zgainski. Ces députés ne siègent plus à l’Assemblée nationale. Leur mandat est clos, comme pour d’autres suppléants d’anciens membres du gouvernement qui n’ont pas été renommés dans l’équipe de Gabriel Attal. Depuis le 9 février – un mois après la fin de leurs fonctions ministérielles, comme la loi le prévoit –, Élisabeth Borne, Olivier Véran et Bérangère Couillard ont en effet repris l’exercice de leur mandat de député, suivis le 11 février par Olivier Dussopt, Clément Beaune, Olivier Becht, Carole Grandjean (tous Renaissance), Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) et Philippe Vigier (MoDem).

Élus à l’Assemblée nationale en 2022, Élisabeth Borne et Clément Beaune vont même siéger pour la première fois au Palais-Bourbon. Après des vacances au Maroc où elle a tourné la page de Matignon, remplacée par Gabriel Attal le 9 janvier, Élisabeth Borne s’est préparée à cette rentrée. Dès ce mardi 13 février, elle va rejoindre la réunion hebdomadaire des députés Renaissance, où elle s’est si souvent présentée en tant que cheffe de la majorité pour défendre ses orientations. Elle va aussi choisir d’intégrer la réputée commission des affaires étrangères, dont Marine Le Pen (RN) et Olivier Faure (PS) sont membres.

L’expérience d’Élisabeth Borne et le profil politique de certains de ses anciens ministres devraient constituer un plus pour la majorité, même si les oppositions ne manqueront certainement pas de « bizuter » l’ex-cheffe du gouvernement pour avoir usé, à 23 reprises, du « 49.3 » permettant de faire adopter des textes sans vote.

L’aile gauche en force

La sensibilité d’Élisabeth Borne, mais aussi de Clément Beaune, Olivier Dussopt et Olivier Véran, issus du PS, relance en outre l’idée d’une structuration de l’aile gauche macroniste. Après l’adoption polémique de la loi sur l’immigration, en décembre, puis les premières nominations du gouvernement Attal, le 11 janvier, certains « marcheurs » historiques réfléchissaient à « la manière de résister » au glissement à droite de l’exécutif. Est-ce une manière d’écarter cette hypothèse ? Élisabeth Borne a affirmé, lundi 12 février, dans Le Parisien, que « l’unité de la majorité a été (son) combat permanent » à Matignon.

De leur côté, Clément Beaune, Olivier Dussopt et Olivier Véran semblent marquer pour l’instant d’autres centres d’intérêt ou ambitions. Le premier, à l’évidence sanctionné pour avoir exprimé des doutes sur la loi immigration, devrait intégrer la commission des lois et continuer à s’intéresser aux questions européennes, sur lesquelles il avait conseillé Emmanuel Macron avant de devenir secrétaire d’État. Ces derniers mois, il ne cachait pas son envie d’être candidat aux prochaines élections municipales à Paris. Né en 1981, ce « bébé Mitterrand » assumé, qui regrette « le sens du temps long », connaît désormais un répit pour s’y préparer.

Pilier de l’Hémicycle quand il était au groupe PS de 2007 à 2017, l’ancien ministre du travail Olivier Dussopt, qui va délaisser les sujets du travail pour s’investir sur les questions de défense, va retrouver une place d’animateur de l’aile gauche. Il préside en effet le petit parti Territoires de progrès, fondé en 2020 et qui compte une vingtaine de députés et deux représentantes dans le gouvernement Attal. Quant à l’ancien porte-parole du gouvernement Olivier Véran, son nom continue d’être cité, parmi d’autres, pour prendre la tête de la liste de la majorité aux élections européennes. Testé à 19 % des intentions de vote dans un sondage Ifop en janvier, Olivier Véran avait effectué à l’automne un tour des villes dirigées par le Rassemblement national pour dénoncer la banalisation du parti de Marine Le Pen.



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