Emmanuel Macron ferme la porte à un troisième mandat en 2027



Si plusieurs figures de la macronie appellent le président à se représenter, le chef de l’État balaie la polémique et se dit “plutôt obsédé” par sa volonté de faire aboutir “dans la durée” “ses actions”. En l’état actuel de la Constitution, Emmanuel Macron ne peut pas se représenter en 2027.

Une réponse à ses fidèles qui l’exhortent à retenter sa chance en 2027. Après les propos de Richard Ferrand, l’un de ses très proches, qui appelait à “changer” “la limitation du mandat présidentiel dans le temps”, Emmanuel Macron prend ses distances.

“Je suis jour et nuit à ma tâche pour que le mandat que les Français m’ont confié soit utile pour le pays et pour nos compatriotes. Si j’y arrive, cela suffira à mon bonheur et mon ambition. Ce qui m’importe n’est pas de durer, c’est de faire”, a expliqué le chef de l’État dans les colonnes de La Provence.

Une modification possible mais très hypothétique

En l’état actuel du droit, le président ne peut pas faire plus de deux mandats consécutifs d’après une disposition constitutionnelle, rendant impossible une nouvelle candidature de l’actuel chef de l’État en 2027.

Mais sur le papier, il est tout à fait possible de modifier la Constitution pour revenir sur cette règle et donc ouvrir la voie à une éventuelle réélection du président dans quatre ans. Pour ce faire, il faudrait que l’Assemblée puis le Sénat votent en faveur d’une révision constitutionnelle.

Mais le calcul reste hautement improbable dans le contexte d’une majorité relative à l’Assemblée nationale.

Macron “obsédé” par “la durée”

Autre possibilité soulevée par l’ex garde des Sceaux socialiste, Jean-Jacques Urvoas dans une tribune à L’Opinion: l’éventualité de se représenter en 2027, sans modification de la Constitution, si le président ne finit pas son mandat actuellement en cours. Cette analyse laisse cependant très dubitative la majorité des constitutionnalistes.

Autant dire que le président ne prend guère de risque à avancer qu’il ne sera pas sur la ligne de départ dans la course à l’Élysée d’ici quatre ans.

“Les Françaises et les Français m’ont fait un honneur insigne de me faire deux fois confiance en me donnant les moyens d’agir. Je suis plutôt obsédé par le fait que les actions que j’enclenche et les décisions que je prends s’inscrivent dans la durée”, avance encore Emmanuel Macron, avant une étape de trois jours à Marseille.

Ferrand “regrette” la limitation des mandats présidentiels

La situation n’empêche pourtant pas ses proches d’espérer. “À titre personnel, je regrette tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire”, avait ainsi fait savoir l’ancien président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand auprès du Figaro mi-juin. Et de citer notamment “la limitation du mandat présidentiel dans le temps”.

“Ça affaiblit notre vie politique en qualité et en densité, et la rend moins attractive. Changeons tout cela”, avait encore lancé ce très proche d’Emmanuel Macron que certains imaginent à Matignon pour remplacer Élisabeth Borne.

Son entretien, le premier depuis sa défaite cinglante aux dernières législatives, a alors suscité l’ire de la gauche, avant que Richard Ferrand ne dénonce “une fausse polémique”.

Cap vers 2032?

Mais l’ex-locataire du Perchoir n’est pas le seul à espérer. Roselyne Bachelot, l’ancienne ministre de la Culture de Jean Castex, a fait savoir samedi sur Public Sénat que “tout le monde” était “d’accord pour une troisième candidature” du chef de l’État, à la fois “ceux qui veulent le réélire et ceux qui veulent”.

Rien ne pourra en revanche empêcher Emmanuel Macron de se représenter en 2032, après l’élection de son éventuel successeur, si d’aventure il le souhaitait. Il n’aurait après tout que 55 ans, seulement trois de plus que Nicolas Sarkozy lors de son élection en 2007.



Lien des sources