En Argentine, Javier Milei s’en prend aux « traîtres » qui ont fait échouer son méga-projet de loi


Une affiche sur laquelle est inscrit « à bas le plan de Milei », lors d’un débat  sur le programme de réformes économiques ultralibérales du président argentin, baptisé « Loi omnibus », au Congrès national, à Buenos Aires, Argentine, le 31 janvier 2024.

« Casta a la vista, baby » (« caste en vue, baby »). Sur son compte X, le président argentin Javier Milei a reposté un montage signé du dessinateur Nik. Il y figure avec l’apparence de Terminator, prêt à combattre l’ennemi, paraphrasant la célèbre tirade « Hasta la vista, baby » de l’assassin cybernétique incarné par Arnold Schwarzenegger. Dans sa ligne de mire : les députés et les gouverneurs de provinces n’ayant pas soutenu son méga-projet de loi, un vaste programme de réformes économiques ultralibérales emblématique du président, baptisé « Loi omnibus », qui a finalement été abandonné.

Après des semaines de négociations au Congrès, où le parti du président, La Libertad Avanza (« la Liberté avance »), ne dispose pas de majorité, le texte qui, à l’origine, comportait 664 articles, avait déjà subi une sacrée taille. Des modifications avaient permis l’approbation du principe général de la loi et de certains articles clés, dont la possibilité pour l’exécutif de pouvoir légiférer par décret pendant un an, et ce afin de répondre à l’« urgence » que traverse le pays.

Alors que les débats se poursuivaient pour voter un par un les dizaines d’articles, dans un véritable coup de théâtre, le président argentin avait finalement décidé, le 6 février, de retirer son projet plutôt que de le voir dévoyé dans la recherche d’un consensus. L’opposition a célébré la défaite de Javier Milei dans sa première épreuve politique face au Congrès, qu’elle attribue à l’amateurisme et à l’obstination de l’exécutif et de ses députés.

Toujours par le biais de son compte X, Javier Milei a publié un long message dans la foulée. « Durant toute la campagne nous avons dit que nous allions envoyer nos projets au Congrès et que les politiques allaient devoir décider de quel côté de l’histoire ils souhaitent être », y lit-on.

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Intransigeant sur son plan de dérégulation de l’économie et de privatisations, le président argentin reproche aux députés centristes, qui s’étaient pourtant montrés disposés à accompagner le texte moyennant certaines modifications, et aux gouverneurs du même parti, d’avoir voulu « maintenir leurs privilèges de caste » et « leurs affaires » au fil des négociations.

« Voté contre le peuple »

Ces élus ont provoqué les foudres d’un Javier Milei qui semble avoir une vision messianique de son mandat. En déplacement en Israël, puis au Vatican, il a publié une liste de noms de députés qualifiés de « traîtres » et accusés d’avoir « voté contre le peuple ». Dans une référence à l’Ancien Testament, pour illustrer son mécontentement, il a également partagé, en hébreu, le passage du livre de l’Exode où Moïse, revenant du mont Sinaï, brise les Tables de la loi en constatant que le peuple a trahi l’alliance faite avec Dieu en son absence.

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