En Ecosse, les travaillistes espèrent tirer profit du « blues » des indépendantistes


Le leader du Parti travailliste, Keir Starmer (à gauche), lors de la visite d’une usine de la compagnie Window Supply Company, à Bathgate, dans le nord de l’Ecosse, le 21 juin 2024.

Une large pelouse en pente, parfaitement tondue. A son extrémité, la statue équestre du roi d’Ecosse Robert Bruce, au pied de laquelle est étendu un énorme drapeau écossais. Nous sommes à l’emplacement de la bataille de Bannockburn, au sud de la ville de Stirling. C’est là qu’en juin 1314, l’armée de Robert Bruce arrêta net celle du roi anglais Edouard II. Samedi 22 juin, les plus fervents militants d’une Ecosse indépendante s’y sont rassemblés, comme tous les ans, à l’appel de l’association All Under One Banner (« tous sous la même bannière ») pour célébrer cet épisode mémorable de leur geste nationale.

Ils se sont élancés une heure plus tôt en procession bigarrée (kilts et drapeaux blanc et bleu aux couleurs de la plus septentrionale des nations britanniques) depuis le cœur de la ville de Stirling, et ils s’égaillent maintenant sur l’ex-champ de bataille, entre les stands vendant des tee-shirts, des pin’s et des brochures célébrant leur cause.

« Ce lieu est un symbole très important, il fut le moment où le petit peuple d’Ecosse repoussa la force coloniale. Nous représentons toujours ce peuple en faveur de l’indépendance, tous partis confondus », souligne Tony Cox, l’un des organisateurs de l’événement.

Le souffle indépendantiste est retombé

La bataille de Bannockburn a ouvert la voie à plusieurs siècles d’autonomie du royaume d’Ecosse, qui prirent fin définitivement en 1707 avec le traité d’Union et la dissolution du Parlement écossais. La cause indépendantiste a ressurgi dans les années 1970 et a pris une place prépondérante dans le débat national à partir des années 2010, avec la montée en puissance du principal parti nationaliste, le Parti national écossais (SNP). Le référendum sur l’indépendance de 2014, accordé par le gouvernement britannique de David Cameron, a certes été perdu, mais avec un soutien historiquement élevé à l’indépendance (45 %).

Le vote britannique en faveur du Brexit, en 2016, a donné des arguments aux nationalistes pour réclamer une deuxième consultation populaire, les Ecossais ayant voté à 62 % contre la sortie de l’Union européenne (UE).

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Mais ces dix-huit derniers mois, le souffle indépendantiste est retombé et la suprématie du SNP en Ecosse est menacée lors des élections parlementaires britanniques du 4 juillet, où les Ecossais doivent pourvoir 59 des 650 sièges de la Chambre des communes. La stratégie du parti est dans l’impasse après le refus de Downing Street d’autoriser un second référendum et la confirmation, par la Cour suprême britannique, fin 2022, que Holyrood (le Parlement régional écossais) ne pouvait pas en organiser un sans l’aval de Westminster.

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