en Nouvelle-Calédonie, « le pire moment » pour une campagne électorale


Des habitants surveillent le quartier pour tenter d’empêcher le vandalisme au Mont-Doré, en Nouvelle-Calédonie, le 10 juin 2024.

« Chez nous, c’est le pire des moments pour une campagne électorale », a réagi dès lundi 10 juin à Nouméa le député Renaissance Philippe Dunoyer, membre de Calédonie ensemble, le parti local de la droite non indépendantiste modérée.

Au lendemain de l’annonce par le président de la République d’une convocation des élections législatives les 30 juin et 7 juillet, même analyse pour Nicolas Metzdorf, l’autre député du Caillou membre de la majorité présidentielle, mais adversaire politique de Dunoyer sur la scène néo-calédonienne. « Les campagnes participent toujours à exacerber les tensions. Le président Macron a regardé les législatives sous le prisme national en ne se souciant pas de la Nouvelle-Calédonie », a déclaré l’élu loyaliste sur la chaîne Nouvelle-Calédonie La 1re.

« On finit par croire que la politique de l’urgence est la marque de fabrique d’Emmanuel Macron mais ce n’est pas une bonne chose et à la fin, c’est l’échec », a aussi dit Jean-Pierre Djaïwé, le responsable du Parti de libération kanak (Palika, composante modérée du Front de libération nationale kanak et socialiste), interrogé par Les Nouvelles Calédoniennes.

Couvre-feu toujours en vigueur

Après un scrutin européen marqué par une abstention de 86,87 %, et alors que la Nouvelle-Calédonie débute sa cinquième semaine de crise insurrectionnelle, l’inquiétude domine. « Les Calédoniens n’ont toujours pas retrouvé la sécurité et les libertés publiques, et la dissolution leur impose de se pencher sur un sujet qui n’est pas leur priorité », souligne M. Dunoyer. Les violences, persistantes même si elles sont circonscrites, et le couvre-feu, toujours en vigueur de 6 heures à 18 heures jusqu’au 17 juin, rendent difficile la tenue de réunions publiques. Décrédibilisés, de nombreux élus néo-calédoniens en place dans les institutions locales, qu’ils soient indépendantistes ou loyalistes, sont en outre menacés physiquement et craignent de se rendre sur le terrain.

Alors que 80 % de l’activité locale est à terre, « avec un gouvernement réduit aux affaires courantes à Paris, les mesures attendues, très urgentes pour l’économie et le système de protection sociale calédoniens, risquent d’être reportées », ajoute le député Dunoyer. Les dispositifs de soutien aux entreprises annoncées la semaine dernière par Bruno Le Maire avaient déjà été qualifiées de « poudre aux yeux » par la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie. Un salarié sur quatre est en situation de perte d’emploi sur le territoire. Et les mines de nickel sont bloquées. Le chef du gouvernement local, Louis Mapou, a sollicité sans attendre plusieurs pays alliés du Pacifique, de l’Australie au Japon, pour soutenir financièrement l’archipel.

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