Européennes : une militante italienne va échapper à la prison en Hongrie grâce son élection


Son nouveau statut d’eurodéputée va lui permettre de repartir libre de Hongrie.
Ilaria Salis y était poursuivie pour son rôle dans une manifestation antifasciste à Budapest en 2023.
La militante a été élue ce dimanche sur la liste d’Alleanza Verdi e Sinistra, une coalition de petits partis de gauche italiens.

La militante italienne d’extrême gauche Ilaria Salis, sous procès et menacée de prison en Hongrie, car soupçonnée d’avoir attaqué des néo-nazis présumés, sera bientôt libre grâce à l’immunité obtenue en étant élue eurodéputée, a indiqué ce lundi son avocat. 

L’enseignante, âgée de 39 ans, assignée à résidence à Budapest après de longs mois en détention et qui était apparue à son procès dans la capitale hongroise en début d’année dans des conditions humiliantes, enchaînée et les pieds liés, a obtenu plus de 160.000 voix lors des européennes en Italie et siègera désormais au Parlement européen

“Ilaria a droit à l’immunité parlementaire”

Celle dont le cas avait suscité une forte émotion dans la péninsule, était la candidate d’une petite liste de coalition, Alleanza Verdi e Sinistra (AVS, Alliance des Verts et de la gauche), qui a obtenu près de 6,7% des voix. Son élection au Parlement européen signifie qu’elle peut désormais demander l’immunité, une requête qui pourrait avoir lieu avant le 16 juillet, a déclaré lundi son avocat au quotidien romain Il Messaggero. 

Une fois officiellement proclamée députée, “nous demanderons aux juges hongrois sa libération, car Ilaria a droit à l’immunité parlementaire”, a déclaré son avocat, Eugenio Losco. La législation européenne prévoit “l’exemption de toute forme de détention et la suspension des poursuites pénales” pour les parlementaires, a-t-il expliqué. “Ilaria est devenue, malgré elle, le symbole d’une Europe dont nous ne voulons pas, celle d’Orban”, le Premier ministre nationaliste hongrois, a déclaré à l’agence AGI Nicola Fratoianni, l’un des deux leaders d’AVS. 

Mme Salis “vole depuis la capitale hongroise vers un siège à Strasbourg”, commente pour sa part le quotidien de droite Il Giornale. Incarcérée pendant plus d’un an, Mme Salis a obtenu l’assignation à résidence en mai suite à une décision de la cour d’appel. Le parquet hongrois l’accuse d’avoir voyagé à Budapest dans le but de commettre des violences en marge d’une manifestation contre un rassemblement néo-nazi. 


F.Se avec l’AFP



Lien des sources