Florent Manaudou 15 fois plus lent qu’un poisson : si les animaux concouraient aux JO, “ils rafleraient toutes les médailles”


En matière de performances sportives, les animaux ridiculisent nos plus grandes athlètes.
Le nageur Florent Manaudou ne peut par exemple pas rivaliser avec la vitesse de l’espadon-voilier.
Une exposition étonnante au Parc Floral compare justement nos médaillés olympiques à certains animaux.

Et si certains animaux prenaient part à la compétition lors des Jeux olympiques de Paris, ou tout simplement lors d’une rencontre sportive de haut vol contre les plus grands athlètes de notre époque ? C’est simple : les performances de certaines bêtes doucheraient les espoirs des sportifs candidats à une médaille. 

Comme le démontre le salon Biomim’Expo, qui se déroule au Parc Floral de Paris du 11 au 12 juin, les performances des plus grands athlètes du genre humain sont bien peu de chose face à celles de certains animaux…

Usain Bolt moins rapide qu’un coléoptère

Prenons par exemple le plus grand coureur de tous les temps : le sprinter jamaïcain Usain Bolt, actuel détenteur du record du monde du 100 mètres, avec un temps de 9,58 secondes. Personne ne s’attend à ce qu’il soit ridiculisé par la comparaison avec… une cicindèle. En effet, si ce coléoptère chasseur avait la même taille que celui qu’on appelle “Lightning Bolt” (l’éclair), il courrait quinze fois plus vite que lui grâce à son extraordinaire vélocité.

Usain Bolt n’est pas le seul dieu du sport qui dégringolerait de l’Olympe s’il devait affronter Dame Nature. Prenons Florent Manaudou, notre star internationale capable de nager le 100 mètres en moins de 48 secondes. Une belle performance, certes, mais qui ne peut pas se comparer aux 3,27 secondes de l’espadon-voilier, chef-d’œuvre de la vitesse et de l’évolution.

Une fourmi plus forte qu’un haltérophile de haut niveau

La boxe propose un autre duel déconcertant. Le boxeur américain Mike Tyson reste célèbre pour sa force de frappe terrifiante, avec une pression à l’impact de 1600 newtons. La squille, qui appartient à l’ordre des Stomatopoda, ne fait pas beaucoup mieux avec une force de frappe de 1 500 à 2 000 newtons. Sauf qu’il s’agit… d’une crevette. 

“Grâce à sa mandibule avec une massue, elle est capable de pulvériser des coquilles de coquillage ou des crustacés qui sont en fait ses proies. On parle d’un mouvement qui dure moins de trois millisecondes : c’est la vitesse d’une balle de pistolet”, explique Kalina Rasquin, directrice générale de Ceebios, centre d’études et d’expertises en biomimétisme.

Encore plus étonnant, l’haltérophile géorgien Lasha Talakhadze soulève 265 kilos. Mais il faudrait qu’il en porte 157 tonnes pour atteindre la capacité de levage de la fourmi, soit l’équivalent d’un Boeing 777 long-courrier. De son côté, le Cubain Javier Sotomayor domine, depuis 1993, le saut en hauteur : le champion olympique détient toujours le record du monde de la discipline avec 2,45 mètres. En revanche, si son impulsion avait été aussi phénoménale que celle de la puce, il aurait culminé à 290 mètres, soit pas très loin du sommet de la tour Eiffel.

Et puis il y a le saut en longueur, avec l’athlète américain Mike Powell, record mondial à 8,95 mètres. Mais c’est à 150 mètres qu’il aurait dû s’élever, à pieds joints, pour rivaliser avec une espèce de grenouille africaine. Heureusement, c’est impossible, puisqu’il se serait tout simplement écrasé dans les tribunes, de l’autre côté du stade…

“Si on invitait les athlètes de la biodiversité aux Jeux olympiques de Paris […], ils rafleraient toutes les médailles. Ça nous ferait du mal à l’ego !” lance Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’Expo. C’est justement l’un de nos travers : on a tendance à oublier qu’en matière de performances sportives, de climat et de biodiversité, la nature a près de 4 millions d’années d’avance sur nous, pauvres Homo sapiens, âgés d’à peine 250.000 ans.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Olivier Santicchi, Vincent Brossard



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