Florian Grill, président de la FFR : « Faire avancer les choses le plus vite possible sans griller d’étapes »



Florian Grill, président de la Fédération française de rugby, et Jean-Marc Lhermet, son vice-président, ont fait l’aller et retour à Mendoza, mercredi, accompagnés de Rafael Cuneo Libarona, l’avocat d’Hugo Auradou et Oscar Jegou. « Nous avons rencontré un bras droit de la procureure et la femme qui est chargée du dossier pour que notre avocat commence à évoquer un certain nombre de faits qui entrent en contradiction avec la version abondamment décrite dans les médias argentins suite aux déclarations de la victime présumée, explique Grill. Nous ne sommes ni juge, ni enquêteurs. Nous faisons confiance à la justice argentine, mais nous souhaitons que les joueurs et leur avocat aient le plus rapidement possible la possibilité de mettre en avant ces potentielles contradictions. Sachant qu’il y a un autre rendez-vous de l’avocat jeudi avec la procureure au cours duquel il va lister tous les points qui questionnent. »

Les points d’interrogations qui ont émergé autour des deux versions concernent le moment de l’arrivée d’Oscar Jegou dans la chambre de l’hôtel et les violences présumées largement décrites dans les médias argentins au cours des relations sexuelles.

Joint par téléphone, mercredi soir aux alentours de 20 heures (1 heure du matin en France), Florian Grill a insisté sur le fait que la démarche n’était pas de tirer des conclusions avant le travail d’enquête de la justice argentine, mais d’accélérer une procédure qui peut prendre entre 5 et 25 jours avant de décider d’une mise en liberté surveillée. Au regard des contradictions entre les deux versions, la délégation qui s’est emparée de la défense d’Auradou et Jegou observait que le dossier méritait d’être traité rapidement. « Même si nous sommes dans une période de vacances ici, nous voulons que les choses aillent vite, a insisté le président de la FFR. C’était le sens de notre déplacement à Mendoza. »

Le dernier contact entre Florian Grill, Jean-Marc Lhermet et les deux internationaux remontait à mardi matin. Patrick Arlettaz et Rodrigo Roncero avaient pu les visiter tard mercredi soir pour leur apporter de nouveaux vêtements et de la nourriture. Dans la journée, ils vivraient entouré d’une trentaine d’autres prévenus, et le soir, tous les deux dans une petite cellule. « Avec Jean-Marc, nous essayons de faire avancer les choses le plus vite possible sans griller d’étapes. Il est bien entendu important de donner la parole à la plaignante, mais il est important maintenant de la donner aux deux accusés. »

« Le type de management, autonomie et responsabilisation, […] ne fonctionne pas »

Florian Grill, président de la FFR

Au milieu de cette affaire, la Fédération tente de tenir informées les familles par l’entremise de Jean-Marc Lhermet : « Notre rôle, c’est de rester en relation avec les parents et avec les clubs. D’informer tout le monde de l’avancée de la procédure. On essaie de préserver le lien et de répondre à leurs questions. » Des dirigeants conscients que cet épisode, après celui de la vidéo raciste de Melvyn Jaminet, doit appeler à une introspection, et peut-être, à un changement de culture.

Jusqu’à présent, le mode de fonctionnement mis en place au sein des équipes de France, c’est « un chef de délégation et un team manager qui sont, à l’heure actuelle, Bernard Viviès et Mathieu Brauge, détaille Grill. Le type de management est un principe auquel Jean-Marc et moi-même avons plutôt adhéré. Il était de dire : autonomie et responsabilisation, avec des joueurs plus expérimentés qui tiennent le groupe. En l’occurrence, nous avons un exemple éprouvé, avec Melvyn Jaminet (renvoyé en France à la suite de la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo où il tient des propos racistes), que cela ne fonctionne pas, et au moins un deuxième puisque, sans présager des suites de l’enquête, la soirée (à Mendoza) était de toute façon trop alcoolisée au regard d’un déplacement de l’équipe de France. »

Un sujet qui sera donc traité au retour d’Argentine. « Il faut qu’on le questionne mais pas tout seul, ajoutait le patron de la FFR. Il faut qu’on le traite avec le staff, la LNR, Provale (le syndicat des joueurs), les joueurs. Je ne crois pas à une solution qui tomberait d’en haut. Il faut qu’elle soit partagée. Ces événements doivent nous pousser à revoir le fonctionnement et remettre les compteurs à zéro. »



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