France Travail : comment le service public de l’emploi dépense-t-il notre argent ?


La nouvelle rubrique du 20H de TF1 “Notre argent”, consacrée à l’utilisation des dépenses publiques, se penche sur le cas de France Travail.
Selon notre sondage Ifop exclusif, à peine 32% d’entre vous se disent satisfaits de la façon dont leurs impôts y sont utilisés.
Notre spécialiste, François Lenglet, répond aux questions qui se posent.

Comment l’argent de nos impôts est-il dépensé ? C’est la riche question à laquelle la nouvelle rubrique du 20H de TF1, “Notre argent”, ambitionne de répondre, service public par service public. Ce mercredi 15 mai, après l’hôpital et les transports, focus sur France Travail, ex-Pôle Emploi, et l’assurance chômage. Selon notre sondage Ifop exclusif, à peine 32% d’entre vous se disent satisfaits de la façon dont leurs impôts y sont utilisés. Dans le reportage en tête de cet article, un chef d’entreprise peinant à embaucher, et contraint de faire appel à un cabinet de recrutement privé à ses frais (en plus de payer des cotisations paronales), pose cette question à François Lenglet : “Combien coûte ce service public aux contribuables ?”

“Le chômage coûte 65 milliards d’euros par an, principalement pour indemniser les sans-emplois et les bénéficiaires du RSA, lui répond le spécialiste économie de TF1. Et sur cette somme, seulement 10%, soit près de 7 milliards d’euros, sont consacrés au budget de France Travail, le service public de l’emploi. C’est ce qui distingue la France de ses voisins. Chez nous, l’essentiel de l’argent part dans l’indemnisation, au détriment de l’accompagnement des chômeurs dans le retour à l’emploi. Une particularité qui s’explique par nos règles d’indemnisation, dont certains profitent.”

C’est, par exemple, le cas de Kévin Olivella, qui veut devenir musicien professionnel. Mais qui, pour l’heure, est surtout un champion des règles de l’assurance chômage, alternant périodes d’indemnisation et contrats en CDI, juste assez pour recharger ses droits. “Ça me dépanne, ça me permet de payer mon loyer et ma nourriture”, explique-t-il à TF1, juste avant de demander à son patron, devant notre caméra, une rupture conventionnelle, “parce qu’il n’y a que comme ça que je peux débloquer mon chômage”. Le gérant du restaurant, se disant touché par son “beau projet” artistique, finit par accepter. Kévin touchera donc aussi une indemnité de licenciement, versée par son employeur.

Tous les chômeurs profitent-ils ainsi du système ? Non. Aujourd’hui, seulement 40% des demandeurs d’emploi inscrits à France Travail perçoivent une allocation, à hauteur de 1.033 euros par mois, en moyenne. Le total du montant des salaires des 53.308 salariés de France Travail s’élève, lui, à 3,7 milliards d’euros par an. Chacun d’eux gagne, en moyenne, 3.133 euros brut par mois. Quant au budget des formations et autres aides à l’embauche, il représente 2,6 milliards d’euros. “Cela permet de faire baisser le chômage”, fait valoir Marie-Sylvia Norca, responsable de service dans une agence parisienne.

Un constat que tempère toutefois François Lenglet, courbes de l’OCDE à l’appui : “C’est vrai que le chômage baisse. Il est passé de 10,3% en 2015 à 7,5% aujourd’hui, mais tous les pays de la zone Euro ont connu exactement la même évolution sur cette période, grâce à la conjoncture. Nos voisins ont même baissé plus vite et davantage que nous.”

Comment la France, à la traîne en Europe, peut-elle s’améliorer ? Notre journaliste l’a demandé à Thibaut Guilluy, le directeur général de France Travail. Réponse : “L’enjeu, c’est que chaque conseiller puisse consacrer le maximum de son temps à l’écoute et à l’accompagnement des personnes et des entreprises. Notre objectif, c’est de mieux se coordonner pour apporter la bonne solution, au bon moment, à la bonne personne.” Durée d’indemnisation, conditions d’ouverture des droits… Pour faire des économies, le gouvernement réfléchit à un durcissement des règles pour le 1ᵉʳ juillet. 


Hamza HIZZIR | Reportage François Lenglet, Fabien Chadeau, Marion Jouvenet



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