Gloire aux seconds



Vous savez qui nous fêtons aujourd’hui ? Sainte Rufine et sainte Seconde. L’une était la sœur de l’autre (et vice versa). Les deux furent décapitées, « après de cruels tourments », dit la chronique, au IIIe siècle, durant les persécutions de l’empereur Valérien. Si Rufine nous fait penser à Rufin, François de son prénom, lequel a triomphé des persécutions à son encontre, arrêtons-nous un instant sur le cas de Seconde. Je note, pour commencer, qu’il n’existe aucune sainte Première (ni aucun saint Premier, François Premier n’étant pas canonisé). Alors qu’une sainte Seconde, si. Et c’est l’occasion de rendre hommage aux secondes et aux seconds, injustement laissés dans l’ombre, comme victimes d’une malédiction. Ne parle-t-on pas des « éternels seconds » ? (et ce n’est pas un compliment).

Je note, par ailleurs, tant que j’y suis, qu’il existe également un saint Segond, qui finit également décapité, du côté d’Asti, en l’an 134. Heureusement, de nos jours, on ne décapite plus les seconds (à ma connaissance, du moins). On se contente de les reléguer à l’arrière-plan, voire de les oublier, purement et simplement. Or, mesdames et messieurs, s’il existe des premiers, c’est parce qu’il existe des seconds. Sans second, pas de premier, c’est là une vérité mathématique. Honneur, donc, aux seconds ! Et vous savez quoi ? Historiquement (et jusqu’à aujourd’hui inclus), ce sont souvent les premiers, ivres d’orgueil et de pouvoir, qui perdent la tête…



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