“J’ai peur pour ma famille et mes enfants”, raconte un policier mobilisé sur le terrain


Le policier Daniel Tamanogi est mobilisé face aux violences qui secourent la Nouvelle-Calédonie. En 34 ans de carrière, il affirme n’avoir “jamais vu ça”.


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Des personnes marchent autour d'une carcasse de voiture incendiée, le 14 mai 2024 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. (DELPHINE MAYEUR / AFP)

C’est un témoignage au cœur des évènements qui secouent la Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs jours. Celui d’un policier de 55 ans, dont 34 ans de carrière là-bas, et que franceinfo a pu contacter pendant son service mercredi 15 mai. Daniel Tamanogi est affecté d’habitude aux enquêtes judiciaires mais, comme tous ses collègues, il a rejoint le terrain ces derniers jours. Il est aussi secrétaire territorial pour le syndicat Unité-SGP Police FO en Nouvelle-Calédonie a le sentiment que les forces de l’ordre sont complètement submergées par la situation.

franceinfo : Comment est la situation sur place ?

Daniel Tamanogi : C’est la désolation. On a l’impression d’être en guerre. Clairement, la situation est en train de déraper. L’État, qui doit assurer sa mission de service public à protéger les personnes, les biens, n’est plus en mesure de le faire puisque maintenant on en vient effectivement à ce que la population elle-même se protège. On retrouve des quartiers barricadés par les résidents du quartier, de peur que toute cette jeunesse qui est complètement en perdition ne vienne brûler leurs maisons.

“C’est une situation chaotique et pour laquelle les forces de l’ordre ne sont plus en mesure d’assurer. On n’a pas les effectifs pour pouvoir éteindre tous les foyers de violence.”

Daniel Tamanogi, policier

à franceinfo

Vous avez peur pour votre vie ?

Clairement, oui. Parce que je me dis que peut-être ma vie va s’arrêter au lendemain puisque dans les barrages maintenant, il y a des armes. Et pour venir travailler, [il faut] passer une cinquantaine de barrages à nos risques et périls. Du coup, les collègues maintenant ont fait le choix de rester au commissariat 24 heures sur 24, dans les bureaux ou en salle de sport, sur un tatami, pour pouvoir assurer le lendemain leur vacation.

Pour vous, qu’est-ce qui explique cette situation ?

La situation n’a pas été bien évaluée. On aurait dû prévoir, on aurait dû anticiper. Le grand chef aurait dû anticiper ça. J’ai 55 ans, je n’ai jamais vu ça. Les événements de 1984, 1988, qui étaient arrivé, je pensais ne jamais revoir ça. Mais là, à mon avis, ça va monter en pression. Malheureusement, je pense que ça ne va pas s’arrêter là. Honnêtement, j’ai peur pour ma famille, j’ai peur pour mes enfants.





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