Jonas Vingegaard, vainqueur de la 11e étape du Tour de France : « J’ai cru que j’allais mourir donc cette victoire, c’est incroyable »



« Les gens dans votre équipe étaient très émus après cette victoire. Et vous, comment vous sentez-vous ?
Honnêtement, moi aussi je suis très ému. Je le suis encore. J’ai parlé avec ma femme après la victoire, il y avait des larmes dans nos yeux. Elle m’a apporté beaucoup de soutien, toute l’équipe aussi. L’équipe a rencontré beaucoup de malchance, ce n’est pas seulement moi. Donc gagner cette étape est quelque chose d’assez incroyable pour nous tous.

À quel point est-ce différent des autres victoires de votre carrière ?
C’est complètement différent car je reviens d’une très grave chute. J’ai passé ces trois derniers mois de manière délicate. J’ai cru que j’allais mourir donc être assis ici avec cette victoire dans la plus grande course du monde, c’est incroyable. Je n’aurais jamais pensé que c’était possible de revenir à ce niveau.

« Moi-même, je n’arrive pas à croire que j’ai pu revenir d’aussi loin à ce niveau. J’ai eu un seul véritable mois et demi d’entraînement avant le Tour »

Comment avez-vous bouché le trou avec Tadej Pogacar devant ? Avez-vous été surpris de le reprendre ?
J’ai d’abord été surpris par l’écart quand il m’a lâché. Je n’ai pas voulu me mettre dans le rouge mais j’ai préféré faire un contre-la-montre à mon rythme pour limiter les dégâts. C’était mon seul but. Petit à petit, j’ai vu que je revenais sur lui, j’entendais à la radio que l’écart diminuait. Quand je l’ai vu devant moi, j’ai commencé à penser qu’il était possible de le reprendre. Au sprint pour les bonifications (au sommet du col de Pertus), j’ai vu que je n’étais pas loin de gagner et ça m’a donné de la motivation et de la confiance en vue du sprint final.

Pendant que Tadej gagnait le Giro et faisait beaucoup d’efforts, vous étiez de votre côté en pleine récupération après votre chute… Avez-vous un avantage psychologique sur lui désormais ?
C’est une question pour Tadej ça peut-être… Moi-même, je n’arrive pas à croire que j’ai pu revenir d’aussi loin à ce niveau. J’ai seulement eu un mois et demi d’entraînement avant le Tour. Je me suis d’abord reposé après la chute, ensuite j’ai repris un entraînement très léger, j’ai mis beaucoup de temps à me remettre de cette chute. Voir comment les choses se déroulent, c’est plus que ce que je pouvais espérer au départ du Tour.

Cette journée est-elle un tournant après le temps perdu en première semaine ?
J’espère que c’est un tournant. Pas seulement celui de cette course, mais celui de toute la saison. On a joué de malchance et maintenant j’espère que la chance sera de notre côté. On a un plan, qu’on essaie d’exécuter. On verra où ça nous mène.

« Je m’en moque un peu, qu’on dise que je joue à la victime, car je suis la victime »

UAE Emirates a dit que vous jouiez un peu la victime. Avez-vous volontairement fait profil bas ?
Je m’en moque un peu, qu’on dise que je joue à la victime… Car en réalité, je suis la victime. Peu de gars auraient été au départ du Tour après une chute comme ça. C’est déjà une grande victoire pour moi d’être là. J’avais dit que je verrais jour après jour ce dont je serais capable. Je ne savais pas du tout comme ça allait se passer.

Tadej Pogacar a dit que vous étiez dans la meilleure forme de votre carrière. Est-ce possible ?
Je ne pense pas qu’on puisse être dans la meilleure forme de sa carrière avec un mois et demi d’entraînement. »



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