la Chine demande à Israël de stopper son opération à Rafah


Des volutes de fumée se dégagent lors d’un bombardement israélien sur Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 février 2024.
MOHAMMED ABED / AFP

LE POINT SUR LA SITUATION – Alors que le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou menace la ville de Rafah d’une offensive, les tentatives internationales pour parvenir à un accord se multiplient.

La pression internationale s’intensifie pour un accord de trêve entre Israël et le Hamas incluant une nouvelle libération d’otages, malgré les menaces d’une offensive sur Rafah, dernier refuge pour plus d’un million de Palestiniens de la bande de Gaza. Le Figaro fait le point sur la situation au Proche-Orient ce mardi 13 février.

La Chine appelle Israël à stopper son opération militaire à Rafah «au plus vite»

La Chine a appelé mardi Israël à arrêter «au plus vite» son opération militaire à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, afin «d’empêcher une catastrophe humanitaire plus grave encore». «La Chine suit de près l’évolution de la situation dans la région de Rafah, s’oppose et condamne les actions qui portent atteinte aux civils et violent le droit international», a indiqué un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

«La Chine appelle Israël à mettre fin à son opération militaire au plus vite, à faire tout son possible pour éviter les victimes civiles innocentes, afin d’empêcher une catastrophe humanitaire plus grave encore dans la région de Rafah.» Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a récemment ordonné à son armée de préparer une offensive sur Rafah, où sont massés 1,4 million de Palestiniens selon l’ONU, soit plus de la moitié de la population totale du territoire.

Il a répété lundi sa détermination à poursuivre «la pression militaire jusqu’à la victoire complète» sur le Hamas, dont Rafah est le «dernier bastion», pour libérer «tous nos otages».

Des États-Unis à la Turquie, la pression internationale s’intensifie pour parvenir à un accord

Le directeur de la CIA, l’agence centrale de renseignements américaine, William Burns, est attendu mardi au Caire pour de nouveaux pourparlers sous médiation du Qatar portant notamment sur l’échange d’otages israéliens détenus par le Hamas, selon des sources proches du dossier.

Benyamin Netanyahou a répété lundi sa détermination à poursuivre «la pression militaire jusqu’à la victoire complète» sur le Hamas, dont Rafah est le «dernier bastion», pour libérer «tous nos otages». Quelques heures auparavant, Israël avait libéré deux de ses otages, deux Israélo-Argentins, à Rafah, à la frontière avec l’Égypte, lors d’une opération commando nocturne accompagnée de bombardements qui ont fait une centaine de morts, selon les autorités du mouvement islamiste palestinien, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

Les États-Unis, principal allié d’Israël, insistent sur leur opposition à une opération à grande échelle sans solution pour les civils coincés à la frontière fermée avec l’Égypte à l’extrême sud du territoire. Le président américain Joe Biden a réclamé, de la part des forces israéliennes, un plan «crédible» pour épargner la population palestinienne, en préalable à toute offensive, lors d’une rencontre lundi à la Maison-Blanche avec le roi de Jordanie Abdallah II.

Ce dernier est allé plus loin : «Nous ne pouvons pas nous permettre une attaque israélienne sur Rafah», où la situation humanitaire est déjà «insupportable», a dit Abdallah II, qui a également appelé à «un cessez-le-feu durable immédiatement» dans la bande de Gaza.

«Les États-Unis travaillent à un accord de libération des otages entre Israël et le Hamas, qui amènerait immédiatement une période de calme d’au moins six semaines à Gaza», a pour sa part indiqué le président américain, dont l’administration rejette toujours une trêve inconditionnelle et à durée indéterminée. Cette période pourrait déboucher sur «quelque chose de plus durable», a ajouté Joe Biden.

Face aux craintes internationales d’une offensive militaire majeure, Benyamin Netanyahou a affirmé dimanche qu’Israël ouvrirait à la population «un passage sécurisé» pour quitter Rafah, sans préciser vers quelle destination. «Ils vont évacuer» les Palestiniens. «Où ? Sur la Lune ?», s’est interrogé à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. L’ONU ne s’associera pas à «un déplacement forcé de population» à Rafah, a pour sa part prévenu le porte-parole du secrétaire général de l’organisation.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, un des dirigeants les plus critiques d’Israël depuis le début de son opération à Gaza, était par ailleurs attendu mardi à Dubaï et mercredi au Caire. Le Hamas a prévenu dimanche qu’une offensive sur Rafah «torpillerait» tout accord sur les otages.



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