la Russie et la Chine assurent vouloir éviter une nouvelle « escalade » du conflit


Le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue chinois, Xi Jinping, le 16 mai 2024 à Pékin.

La Russie et la Chine ont assuré jeudi 16 mai vouloir éviter toute nouvelle « escalade » en Ukraine, évoquant à demi-mot une responsabilité occidentale, selon un communiqué commun publié par le Kremlin après la rencontre à Pékin entre les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Le texte dit que Pékin et Moscou jugent notamment « nécessaire » d’éviter toute décision à même de « contribuer à la prolongation des hostilités et à une nouvelle escalade du conflit », une formulation semblant viser Européens et Américains, le Kremlin disant sans cesse que ce sont les livraisons d’armes de l’Occident à l’Ukraine qui font durer la guerre.

Le communiqué commun, qui reprend un vocabulaire cher à Vladimir Poutine, estime aussi qu’un « règlement durable de la crise ukrainienne » passe par le respect du « principe de l’indivisibilité de la sécurité », concept utilisé par le Kremlin pour justifier son invasion en affirmant que le rapprochement entre Kiev et l’Occident représentait une menace pour Moscou et que la sécurité de l’Ukraine ne pouvait se faire aux dépens de celle de la Russie.

Pékin et Moscou ont aussi évoqué l’importance du « dialogue », s’agissant du règlement de cette guerre. La Russie a dit être prête à des pourparlers uniquement si l’Ukraine lui cédait les cinq régions qu’elle revendique et occupe.

Pékin n’a jamais condamné l’invasion russe

Le président russe s’est dit « reconnaissant » envers la Chine pour ses « initiatives » de paix s’agissant du conflit en Ukraine, que l’armée russe a envahie il y a plus de deux ans. Pékin, qui n’a jamais condamné la Russie, appelle à la fois au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays, sous-entendu Ukraine comprise, tout en exhortant à prendre en considération les préoccupations de son allié russe.

Les Occidentaux, alliés de Kiev, aimeraient voir la Chine user de son influence sur la Russie pour qu’elle mette un terme à son invasion lancée en février 2022 et que Moscou présente comme une guerre avec l’Occident.

Le président russe a, par ailleurs, rappelé que Moscou et Pékin étaient opposés à toute alliance politique et militaire « fermée » dans la région Asie-Pacifique, une remarque visant directement les Etats-Unis, en concurrence avec Pékin dans la zone et qui y coopère avec l’Australie et le Royaume-Uni (sous l’acronyme anglais Aukus) pour contrer l’influence chinoise. « Nous pensons qu’il est très nuisible et contre-productif de créer de telles alliances », a dénoncé M. Poutine face aux journalistes.

Le Monde avec AFP

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