L’assistant d’un eurodéputé allemand d’extrême droite accusé d’être un espion chinois


A quatre jours de son premier meeting de campagne en vue des élections européennes du 9 juin, la nouvelle est pour le moins embarrassante pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité d’environ 17 % d’intentions de vote : selon plusieurs médias allemands, un proche collaborateur de l’eurodéputé Maximilian Krah, tête de liste du parti pour le scrutin du 9 juin, a été arrêté à Dresde, dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 avril, pour activités d’espionnage au profit de la Chine.

Agé de 43 ans, Jian G. travaille avec M. Krah depuis l’entrée de celui-ci au Parlement européen, en 2019. De double nationalité allemande et chinoise, cet ancien homme d’affaires s’était rendu en Chine avec l’eurodéputé peu de temps après l’élection de celui-ci. Selon les hebdomadaires Der Spiegel et Die Zeit, il lui est reproché d’avoir alors transmis aux services secrets chinois des informations relatives à des délibérations et à des décisions prises au sein du Parlement européen, ainsi que d’avoir espionné des opposants au régime de Xi Jinping établis en Allemagne.

D’après Die Zeit, l’homme serait cependant connu depuis longtemps des autorités outre-Rhin : il y a une dizaine d’années, il aurait en effet proposé de travailler comme informateur pour les services de renseignement allemands, mais déjà, à l’époque, il était soupçonné d’être un agent au service de Pékin – ses prises de position en faveur de Xi Jinping et du rattachement de Taïwan à la Chine entrant en contradiction avec sa présence active dans plusieurs groupes de dissidents installés en Allemagne.

Avant que Jian G. rejoigne l’équipe de collaborateurs parlementaires de M. Krah à Bruxelles, les deux hommes se connaissaient déjà depuis longtemps, le second ayant été l’avocat du premier plusieurs années avant d’être élu député européen. A l’époque, l’espion présumé était encarté au Parti social-démocrate, formation qu’il a évidemment quittée depuis pour rejoindre l’AfD aux côtés de son nouveau patron.

Trois autres arrestations

Au sein de l’AfD, l’intérêt de M. Krah pour la Chine est de notoriété publique. Dans une interview au magazine d’extrême droite Zuerst !, parue en 2019, l’eurodéputé Krah avait déploré que la Chine soit considérée par l’Occident comme son nouvel « ennemi numéro un ». Si l’Europe veut être un « acteur indépendant sur la scène mondiale et pas seulement un vassal des Etats-Unis », elle doit « chercher à avoir de bonnes relations avec la Chine », avait-il affirmé.

L’interpellation de Jian G. intervient moins de 24 heures après l’annonce de l’arrestation, dans l’ouest de l’Allemagne, de trois personnes « fortement soupçonnées d’avoir travaillé pour un service secret chinois », a indiqué le parquet fédéral. L’une d’entre elles, identifiée comme Thomas R., aurait notamment « récupéré des informations en Allemagne sur des technologies innovantes pouvant servir à des fins militaires », a précisé le parquet.

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