L’Azerbaïdjan annonce avoir lancé “des opérations antiterroristes” au Haut-Karabakh



L’Azerbaïdjan a lancé des “activités antiterroristes locales” dans la région séparatiste du Haut-Karabakh, peuplée d’Arméniens, a déclaré, mardi, son ministère de la Défense, pour “réprimer les provocations de grande ampleur” et en chasser ceux qu’il considère être les éléments militaires arméniens.

Publié le :

3 mn

Les hostilités reprennent dans le Haut-Karabakh, douchant les espoirs de trêve. L’Azerbaïdjan a annoncé, mardi 19 septembre, avoir lancé des “opérations antiterroristes” visant les forces arméniennes dans cette région que se disputent Arméniens et Azerbaïdjanais.

Des détonations y ont été entendues par un journaliste de l’AFP dans la capitale Stepanakert.

“Des opérations antiterroristes ont commencé dans la région. Dans le cadre de ces mesures, les positions des forces armées arméniennes (…) sont mises hors d’état de nuire à l’aide d’armes de haute précision sur la ligne de front et en profondeur”, a indiqué le ministère azerbaïdjanais de la Défense dans un communiqué.

Pour le ministère, il s’agit là de “réprimer les provocations de grande ampleur” et en chasser ceux qu’il considère être les éléments militaires arméniens.

Explosions de mines : Bakou accuse les séparatistes

Un peu plus tôt dans la journée, Bakou avait annoncé que quatre policiers et deux civils azerbaïdjanais étaient morts mardi dans l’explosion de mines dans le Haut-Karabakh, accusant les séparatistes arméniens d’avoir commis ces actes de “terrorisme”.

Ces six personnes ont été tués dans l’explosion de leurs véhicules sur des mines sur une route entre Choucha et Fizouli, deux villes de la région, ont indiqué les services de sécurité azerbaïdjanais. Selon cette source, les policiers ont été tués vers 4 h 30 locales (00 h 30 GMT) dans un tunnel du district de Khojavend alors qu’ils se rendaient sur les lieux de l’explosion de mine anti-char qui avait frappé peu avant le véhicule des deux civils dans le même secteur.

Le Haut-Karabakh, théâtre de deux guerres entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, au début des années 1990 puis à l’automne 2020, est l’une des régions les plus minées d’ex-URSS. Des explosions y font régulièrement des victimes.

Pas d’accalmie malgré l’arrivée de l’aide humanitaire

Ces nouveaux incidents meurtriers interviennent alors qu’un pas vers un apaisement des tensions a été accompli la veille, avec l’arrivée d’aide humanitaire dans cette région sécessionniste. Des vivres et des médicaments de première nécessité, acheminé notamment entre autres par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui a pu emprunter deux routes fermées jusqu’alors.

Erevan accuse Bakou, qui dément, d’avoir causé une crise humanitaire dans le Haut-Karabakh en bloquant fin 2022 le corridor de Latchine, seule route entre l’Arménie et cette enclave montagneuse, où sont déployés des soldats russes de maintien de la paix.

Cette crise qui dure et le déploiement par Bakou de forces armées près du Nagorny Karabakh et le long de la frontière avec l’Arménie ont fait craindre un nouveau conflit.

Le Haut-Karabakh, région montagneuse à majorité arménienne située en Azerbaïdjan, a proclamé son indépendance de Bakou à la désintégration de l’URSS, avec le soutien d’Erevan, entraînant un conflit armé remporté par les séparatistes.

Mais 30 ans plus tard, à l’automne 2020, les forces armées azerbaïdjanais ont pris leur revanche et reconquis d’importants territoires dans la région.

Avec AFP et Reuters



Lien des sources