le Conseil de sécurité de l’ONU soutient le plan de trêve américain


Les membres du Conseil de sécurité votent sur la résolution rédigée par les États-Unis soutenant une proposition de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, au siège de l’ONU, à New York (Etats-Unis), le 10 juin 2024.

La campagne diplomatique menée par les Etats-Unis pour promouvoir leur plan de cessez-le-feu dans la bande de Gaza a reçu, lundi 10 juin, le soutien du Conseil de sécurité de l’ONU qui a réussi, un instant, à mettre de côté ses divisions sur le sujet.

La résolution préparée par les Américains − qui a recueilli 14 voix pour, seule la Russie s’est abstenue − « salue » la proposition de trêve annoncée le 31 mai par le président Joe Biden. La résolution, affirmant qu’Israël a « accepté » ce plan, presse le Hamas également de « l’accepter et appelle les deux parties à appliquer pleinement ses termes sans délai et sans conditions ».

Après plus de huit mois de guerre, le plan qui compte trois phases prévoit, dans un premier temps, un cessez-le-feu de six semaines accompagné d’un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages enlevés lors de l’attaque du Hamas et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.

« Ce Conseil a envoyé un message clair au Hamas : acceptez l’accord de cessez-le-feu sur la table. Israël l’a déjà accepté et les combats pourraient s’arrêter aujourd’hui si le Hamas faisait de même », s’est félicitée l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.

« Une lueur d’espoir »

Largement critiqués pour avoir bloqué plusieurs projets de résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza, les Etats-Unis, alliés d’Israël, n’avaient de cesse de se justifier ces derniers mois, assurant qu’une trêve ne pouvait venir que d’un accord sur le terrain et non d’un appel unilatéral du Conseil. « Ce texte n’est pas parfait, mais il offre une lueur d’espoir aux Palestiniens », a réagi l’ambassadeur algérien, Amar Bendjama.

Le Hamas a également salué cette résolution et assuré de sa volonté de « coopérer avec les frères médiateurs pour entamer des négociations indirectes concernant la mise en œuvre de ces principes ».

Signe de la campagne diplomatique américaine tous azimuts, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, était de retour au Proche-Orient lundi pour promouvoir le plan de cessez-le-feu.

Le président de l’Autorité palestinienne salue le vote de l’ONU

Les Etats-Unis font clairement peser sur le mouvement islamiste palestinien la responsabilité première de l’accepter. Mais si Joe Biden a décrit le plan comme venant d’Israël, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a dit vouloir poursuivre la guerre jusqu’à la destruction du Hamas et les divisions politiques dans son pays pourraient compliquer les efforts diplomatiques américains.

Après le vote, la représentante israélienne, Reut Shapir Ben Naftaly, a répété que « la guerre s’arrêtera » quand les « objectifs » israéliens, notamment la libération des otages et la « destruction » du Hamas, seront « remplis ». « Le refus du Hamas de libérer les otages via la diplomatie a prouvé que les efforts pour ramener nos otages à la maison doivent aussi passer par des moyens militaires », a-t-elle insisté.

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Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a lui salué le vote, y voyant « un pas dans la bonne direction », tandis que son ambassadeur à l’ONU, Riyad Mansour, a insisté sur le fait que la « charge » de l’application d’un tel cessez-le-feu « incombe à Israël ».

Moscou refuse de donner « carte blanche »

Répondant aux demandes faites par certains membres du Conseil lors des négociations, la résolution finalement adoptée lundi précise certains éléments du plan. Il indique notamment que si la première phase prend plus de six semaines, le cessez-le-feu sera maintenu « aussi longtemps que les négociations se poursuivront ». La résolution s’oppose d’autre part à « toute tentative de modification démographique ou territoriale de la bande de Gaza, y compris toute action qui réduirait » son territoire.

Cela n’a pas suffi à satisfaire la Russie, qui n’a toutefois pas usé de son droit de véto contre un texte « soutenu par le monde arabe ». « Le Conseil donne carte blanche et soutient un plan dont il ne connaît pas les détails », a dénoncé l’ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, déplorant également une absence de « clarté quant à l’accord officiel d’Israël » sur ce plan.

Depuis le 7 octobre 2023, le Conseil de sécurité peine à parler d’une seule voix sur le Proche-Orient. De nombreux projets de résolution ont été rejetés, soit par manque de voix, soit en raison de veto américains, russes ou chinois.

Après deux résolutions principalement centrées sur l’aide humanitaire, le Conseil avait finalement exigé fin mars un « cessez-le-feu immédiat », pour la durée du ramadan ; un appel précédemment bloqué plusieurs fois par les Etats-Unis, qui s’étaient cette fois abstenus.

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Le Monde avec AFP

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