Le militant panafricaniste Kemi Seba privé de sa nationalité française


Ces dernières années, ce militant, qui a également la nationalité béninoise, a organisé ou participé à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA en Afrique, où il a été régulièrement interpellé, expulsé ou refoulé.


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Le militant Kemi Seba lors d'une manifestation appelant au retrait des troupes françaises, le 28 septembre 2023 à Niamey (Niger). (BALIMA BOUREIMA / ANADOLU AGENCY / AFP)

Il est connu pour ses virulentes prises de positions anti-occidentales. Le militant panafricaniste béninois Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, né le 9 décembre 1981 à Strasbourg, a été privé de la nationalité française par un décret paru mardi 9 juillet en France au Journal officiel, daté de lundi.

“Mon client est très heureux. Il m’avait confié une lettre de renonciation [à la nationalité française] avant même que la procédure ne soit entamée, et prend acte” de celle-ci, a réagi auprès de l’AFP l’avocat de Kemi Seba. Juan Branco a pour sa part dénoncé une décision prise par le gouvernement “du fait [des] origines” de Kemi Seba.

En mars, la préfecture du département de l’Essonne avait tenté d’interdire une conférence de ce militant, alors déjà visé par une procédure de déchéance de nationalité, décision suspendue par le tribunal administratif. L’ancien leader de la Tribu Ka, groupuscule qui revendiquait son antisémitisme et prônait la séparation entre Noirs et Blancs avant d’être dissout par le gouvernement français en 2006, a été condamné plusieurs fois en France pour incitation à la haine raciale. Il est aujourd’hui à la tête du groupe Urgences panafricanistes et dispose d’une certaine aura sur les réseaux sociaux.

Selon le décret, Kemi Seba a “perdu” sa nationalité française, une procédure prévue par l’article 23-7 du Code civil qui autorise le ministère de l’Intérieur (après avis conforme du Conseil d’Etat) à retirer à un binational sa nationalité française s’il “se comporte en fait comme le national d’un pays étranger”. Cette procédure est distincte de la “déchéance” de nationalité, prévue aux articles 25 et 25-1 du Code civil en cas de condamnation pour des actes graves comme des actes terroristes.

Ces dernières années, Kemi Seba a organisé ou participé à plusieurs manifestations hostiles au franc CFA en Afrique, où il a été régulièrement interpellé, expulsé ou refoulé, notamment de Côte d’Ivoire, du Sénégal et de Guinée. En France, il a été accusé en 2023 par le député Renaissance Thomas Gassilloud, alors président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, d’être un “relais de la propagande russe” et de servir “une puissance étrangère qui alimente le sentiment antifrançais”.





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