le président de LR Eric Ciotti veut une alliance avec le RN contre l’avis de plusieurs ténors de son parti


Le groupe LR au Sénat avait également rejeté cette option à l’unanimité, mais le patron du parti est passé outre leur avis.


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Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez le 24 février 2024 à Meysse (Ardèche). (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Eric Ciotti a donc franchi le pas d’une alliance électorale avec le RN, après la main tendue par l’extrême droite en vue des législatives. Il a dévoilé cet accord électoral dans le 13 heures de TF1, mardi 11 juin, alors que Jordan Bardella avait affirmé que son parti soutiendrait des candidats “issus des Républicains” aux législatives anticipées du 30 juin et 7 juillet. Eric Ciotti dit avoir discuté de cet accord avec le président du RN et Marine Le Pen, et plaide un accord pour avoir “un groupe important” et “préserver les députés sortants”.

Cette annonce suscite déjà de très vives réactions en interne. Cela “n’engage que lui”, a réagi le chef des députés Olivier Marleix, réclamant le départ d’Eric Ciotti de la présidence LR. “J’ai eu Eric Ciotti au téléphone à plusieurs reprises lundi et je l’ai même rencontré, il ne m’a rien dit [de ses intentions]. Un parti politique, ce n’est pas seulement une personne.”

Un peu plus tôt, Olivier Marleix avait déjà mis en garde le patron du parti, annonçant que les élus de son groupe seraient candidats sous leurs “couleurs”, “sans arrangements”. “Il n’y a aucun avenir pour les combinaisons d’appareil, avait également réagi sur X Laurent Wauquiez, président de la région Rhône-Alpes. C’est la voix que je porterai, sans aucune compromission, quelles que soient les circonstances”. Même réaction pour Valérie Pécresse, candidate LR lors de la dernière présidentielle. “Je n’accepterai jamais aucune compromission avec les extrêmes, dont j’ai la conviction qu’ils amèneront la France à la faillite et au chaos”.

Le groupe LR avait voté à l’unanimité pour une ligne autonome vis-à-vis du RN et de la majorité, a appris France Télévisions de source proche du dossier. “Nous avons aussi réaffirmé notre autonomie vis à vis du Rassemblement National, a commenté Bruno Retailleau, président du groupe. Le projet qu’il porte n’est pas de nature à redresser la France, loin s’en faut. La démagogie n’a jamais permis de conduire un pays.”

Le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand avait exigé une “clarification” d’Eric Ciotti, assurant qu’il n’irait “pas soutenir un candidat à droite qui serait soutenu par le RN”. “On doit la vérité à nos électeurs”, a-t-il affirmé, exigeant une “clarification” dès ce matin de la part de la direction du parti. “Si certains ont envie d’aller avec le RN, qu’ils le disent maintenant.”

Contacté par franceinfo, le député Philippe Gosselin juge pour sa part “inenvisageable” le “moindre accord, la moindre alliance, même locale ou personnelle” avec le RN. L’élu exige “une clarification nette et immédiate sur la question”. Renaud Muselier, président Renaissance de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) mais membre pendant des années des Républicains, a “solennellement” appelé le parti d’Eric Ciotti à renoncer à “l’infamie” d’un accord avec le Rassemblement national.





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