le témoignage glaçant de l’ex-compagne du policier relaxé pour violences familiales



L’ancienne conjointe d’Yves Milla a fait part de son indignation après la relaxe demandée par la cour d’appel de Metz en faveur de ce dernier, et a listé les terribles sévices que l’ancien policier faisait vivre à ses enfants.

Une décision qui n’en finit plus de susciter colère et incompréhension. Jeudi 18 avril, la cour d’appel de Metz, en Moselle, a relaxé Yves Milla, un ancien major de la police aux frontières (PAF) poursuivi pour des violences sur son ex-femme et ses enfants. Pour justifier sa décision, la cour d’appel de Metz s’appuie sur un “droit de correction” qui a pourtant été abrogé depuis l’adoption le 10 juillet 2019 de la loi n°2019-721 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires.

Lundi 22 avril, Véronique, l’ex-compagne du policier violent, a fait part de son indignation après cette décision de justice dans un entretien à C à vous. “Je me suis demandée si je comprenais bien les mots qui étaient dits”, commence-t-elle.

“C’était tellement choquant. Comment je vais pouvoir dire ça à mon fils, ce n’était pas possible une chose pareille. […] On en a parlé après, il m’a dit ‘ça veut dire que maintenant on peut taper ses enfants, c’est légitimé'”, ajoute la mère de famille.

Menaces avec une arme de service

Et Véronique de lister les sévices qu’Yves Milla faisait subir à ses fils. “Ses colères étaient folles. Ce n’était pas seulement des gifles. On va au-delà de la fessée, de la gifle, du tirage de cheveux, on est dans des gestes qui vont jusqu’à étrangler un enfant, le soulever du sol, le coller au mur”, énumère-t-elle.

“Il faisait ses devoirs et son père le secouait par la tête ‘mais tu vas faire tes devoirs, mais tu vas écrire correctement.’ Il était rouge et paralysé, il ne pouvait plus écrire”, raconte encore la mère de famille.

Des violences qui se multiplient, et qui vont parfois encore plus loin. “Il va prendre son arme de service et menacer son fils pour qu’il fasse ses devoirs. Ça a été mon grand choc.”

Des violences si intenses que le plus vieux des fils, qui se dit encore “détruit”, a tenté de mettre fin à ses jours. “Il voulait se balancer par la fenêtre avec un couteau pour être sûr qu’il allait bien rentrer dans sa cage thoracique”, déplore Véronique.

“Je sais qu’il peut se venger”

Aujourd’hui, elle vit dans la terreur, alors que son ex-mari habite à une rue seulement de chez elle.

“J’ai un téléphone grand danger, je sais qu’il peut se venger. Il m’a menacé de me pousser au suicide, de me tuer ou de le faire faire, qu’il avait des relations. Je sais qu’on peut retrouver ma voiture dans un fossé, c’est la sensation que j’ai”, conclut-elle.

A la suite de la décision de justice, Me Patrick-Alexandre Deghet, avocat de la mère, Me Jérôme Tiberi, avocat des enfants, mais aussi le parquet de Metz, ont tous trois formé un pourvoi en cassation dans ce dossier.



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