L’économie allemande va rester léthargique en 2024


Vue aérienne de conteneurs dans le port de Hambourg (nord de l’Allemagne), le 14 mai 2024.

La machine allemande ne repart pas. Certes, la première économie de la zone euro semble avoir laissé la récession derrière elle, mais aucune reprise forte, susceptible de rattraper le déclin des dernières années, n’est à attendre. Le conseil des experts de l’économie allemande, ou « conseil des sages », groupe de cinq économistes conseillant le gouvernement, a baissé ses prévisions de croissance, mercredi 15 mai, à l’occasion de son rapport conjoncturel de printemps.

Le pays devrait enregistrer une très faible hausse de son produit intérieur brut (PIB) de 0,2 % en 2024 et 0,9 % en 2025. Dans leur dernier rapport, il y a six mois, les « sages » prévoyaient encore une progression de 0,7 %. « Ce sont de mauvais chiffres », a reconnu l’économiste Martin Werding, membre du conseil, qui table cependant sur « une croissance très lente mais stable, qui devrait se poursuivre dans le courant de l’année ».

Les performances de l’économie germanique sont grevées par un début d’année très décevant. Dans l’industrie et la construction, l’activité stagne, faute de nouvelles commandes. La consommation est encore hésitante, en dépit du reflux de l’inflation. Le conseil estime que la hausse des prix devrait tomber à 2,4 % en 2024 puis 2,1 % en 2025, contre 5,9 % en 2023, grâce à un repli marqué des prix de l’énergie.

Deux facteurs aggravants

Ce recul devrait contribuer à ce que les taux d’intérêt baissent courant 2024, ce qui devrait faciliter les conditions d’investissement, espèrent les économistes. En attendant, le commerce extérieur, traditionnellement une composante très importante du PIB allemand, continue de souffrir. « Il est frappant de constater que les exportations ont progressé plus faiblement que le commerce mondial », a souligné Veronika Grimm, également membre du conseil.

Ce décalage est inquiétant. « Bien que la conjoncture mondiale reparte, les entreprises allemandes en profitent moins que dans le passé », constate Monika Schnitzer, présidente du conseil, en évoquant deux facteurs aggravants. « Les risques géopolitiques restent importants et les dépenses de l’Etat ne soutiennent pas l’activité, à cause de la consolidation du budget. » En raison des strictes règles d’endettement public, renforcées par la Cour constitutionnelle dans un arrêt rendu en novembre 2023, Berlin n’est en mesure ni de compenser une croissance en berne ni d’appuyer fortement l’investissement. Ces éléments expliquent pourquoi l’économie peine à repartir, alors que le reste de la zone euro renoue avec la croissance.

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