les alliés de l’Iran pleurent le président Raïssi, les Occidentaux en service minimum


Depuis la confirmation de la mort du président Raïssi dans un accident d’hélicoptère dimanche, les réactions internationales affluent. Les pays alliés de l’Iran soulignent le rôle joué par Raïssi dans la lutte contre Israël.

Du Liban au Yémen en passant par la Syrie, les alliés de l’Iran dans la région ont rendu hommage lundi au président iranien, Ebrahim Raïssi, tué la veille dans un accident d’hélicoptère, saluant son engagement en faveur de «l’axe de la résistance» contre Israël.

Le puissant Hezbollah libanais, armé et financé par l’Iran, et le Hamas palestinien, son allié, ont tous deux rendu hommage au président iranien et au soutien qu’il leur a apporté dans leur lutte contre Israël.

«Le président martyr était pour nous un grand frère et un appui solide», a affirmé le Hezbollah, qui mène des attaques contre Israël depuis le sud du Liban, pour soutenir le Hamas dans sa guerre à Gaza. «Il était un protecteur des mouvements de résistance», a ajouté la formation islamiste, rendant également hommage au chef de la diplomatie iranienne, lui aussi tué dans l’accident d’hélicoptère.

Deuil de trois jours au Liban et en Syrie

Hossein Amir-Abdollahian avait multiplié les déplacements dans la région, notamment au Liban et en Syrie, depuis le début de la guerre à Gaza en octobre, alors que Téhéran s’affiche comme le premier soutien du Hamas.

Les alliés du Hamas, notamment le Hezbollah et les rebelles yéménites houthis, sont rassemblés par l’Iran au sein de ce qu’il qualifie d’«axe de la résistance» face à Israël. Le Liban et la Syrie ont proclamé un deuil officiel de trois jours. Le Hamas a salué en la personne du président iranien défunt «un soutien à la résistance palestinienne», soulignant «ses efforts indéfectibles en faveur des Palestiniens» depuis le début de la guerre à Gaza.

Le président syrien, Bachar al-Assad, a lui aussi présenté ses condoléances à l’Iran, qui le soutient depuis le début de la guerre civile dans son pays il y a 13 ans. «La Syrie est solidaire de la République islamique d’Iran (..)» a affirmé le président Assad dans son message aux dirigeants iraniens. «Nous avons oeuvré avec le président défunt pour que les relations stratégiques qui lient la Syrie et l’Iran demeurent toujours prospères», a-t-il ajouté.

Au Yémen, les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé que la mort de Raïssi était une «une perte non seulement pour l’Iran, mais aussi pour l’ensemble du monde islamique, pour la Palestine et pour Gaza». Les Houthis mènent des frappes de drones et de missiles contre des navires en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, perturbant le commerce maritime mondial dans cette zone stratégique, affirmant soutenir ainsi les Palestiniens à Gaza.

En Irak, le Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani a également proclamé sa «solidarité avec le peuple iranien». Le Hachd al-Chaabi, coalition de groupes armés irakiens pro-Iran, a de son côté adressé ses condoléances aux dirigeants iraniens, soulignant que le président Raïssi «avait toujours déclaré que l’Irak et l’Iran formaient un seul peuple qui ne peut être séparé».

Condoléances polies des Occidentaux

De leur côté, les Occidentaux ont adressé depuis dimanche soir à l’Iran de sobres condoléances, sans pour l’heure rappeler la (longue) liste de différends qui opposent depuis la révolution islamique le camp occidental au régime des mollahs, et à Raïssi en particulier, qui fut surnommé «le boucher de Téhéran» après sa participation comme magistrat à la répression des opposants.

«La France présente ses condoléances à la République islamique d’Iran après la mort du président Ebrahim Raïssi», a indiqué lundi dans un communiqué son ministère des Affaires étrangères. «Elle adresse également ses pensées aux familles des victimes de cet accident», a ajouté le quai d’Orsay, quelques heures après la confirmation du décès du chef de l’Etat et du ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian.

Le président du Conseil européen Charles Michel présente les «sincères condoléances» de l’UE. «Nos pensées vont à leurs familles», indique-t-il dans un message sur le réseau social X.

De nombreux autres pays européens ont joint leurs voix à ces condoléances, comme l’Espagne : «C’était une figure très importante en Iran et nous allons donc suivre très attentivement les mesures que l’Iran va prendre», a déclaré José Manuel Albares, ministre des Affaires étrangères, sur la radio Cadena Ser.

«Ami de la Russie»

Xi Jinping qualifie la mort du président Raïssi de «grande perte pour le peuple iranien», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le président Vladimir Poutine rend hommage dans un télégramme de condoléances à un «politicien remarquable» et ajoute: «en tant que véritable ami de la Russie, il a apporté une contribution personnelle inestimable au développement des relations de bon voisinage entre nos pays et a déployé de grands efforts pour les amener au niveau du partenariat stratégique».


data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>

Messages de tristesse du Golfe, sur fond de réchauffement avec l’Iran

Les Émirats arabes unis, qui ont renoué des liens avec Téhéran après des années de tensions, sont «solidaires de l’Iran en ces temps difficiles», a déclaré le président émirati, Mohammed ben Zayed. «Je présente mes plus sincères condoléances au gouvernement et au peuple iraniens à la suite du décès du président Ebrahim Raïssi, du ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian et des personnes qui les accompagnaient à la suite d’un accident tragique», a-t-il écrit sur le réseau social X.

Également sur X, l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a qualifié la nouvelle de «douloureuse» et exprimé ses «sincères condoléances au gouvernement et au peuple de la République islamique d’Iran».

Le roi de Bahreïn, Hamad ben Isa Al Khalifa, a exprimé ses sincères condoléances et sa profonde sympathie au dirigeant suprême de l’Iran et au peuple frère de la République iranienne, selon un communiqué publié par l’agence de presse officielle de Bahreïn.

De son côté, Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe six pays, a présenté ses condoléances à la suite de cet «accident tragique», réaffirmant «la solidarité du CCG avec le gouvernement et le peuple iraniens dans ces circonstances difficiles».

Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont longtemps entretenu des relations difficiles avec l’Iran, qui soutient des camps adverses dans des conflits régionaux. Les relations entre Ryad et Téhéran ont repris en mars 2023 après sept ans de rupture, l’Iran multipliant depuis les signes de rapprochement aussi bien avec l’Arabie saoudite qu’avec les autres pays du Golfe.


data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>



Lien des sources