les enseignes refusent de vendre à perte


Les dirigeants de Leclerc, Carrefour, Intermarché, Système U, Casino et Auchan ont exprimé leur opposition unanime à la revente à perte du carburant. STEPHANE MAHE/REUTERS

INFO LE FIGARO – Les enseignes vont s’en tenir à la vente de carburant à prix coûtant, qu’elles pratiquent chacune à leur tour depuis plusieurs mois.

Tous unis contre la vie chère, mais pas au point de revendre le carburant à perte. Convoqués mardi matin à Bercy par Bruno Le Maire, les dirigeants de Leclerc, Carrefour, Intermarché, Système U, Casino et Auchan ont exprimé leur opposition unanime à la revente à perte du carburant sur les parkings de leur hypermarché. Samedi soir, la première ministre, Elisabeth Borne, avait créé la surprise en annonçant une loi permettant aux distributeurs de revendre le carburant à perte pendant six mois à partir de décembre. Un «nouvel outil», expliquait-on à Bercy, mis à leur disposition pour faire baisser les prix sans reconduire la très coûteuse remise sur le carburant financée l’an passé par l’État.

Las. Pas plus que l’État, les distributeurs ne sont pas prêts à subventionner la baisse du carburant. «La possibilité de vente à perte ne sera pas suivie car elle n’est économiquement pas tenable», ont expliqué en chœur leurs représentants aux ministres Bruno Le Maire et Olivia Grégoire. Les enseignes vont donc s’en tenir à la vente de carburant à prix coûtant, qu’elles pratiquent chacune à leur tour depuis plusieurs mois.

Ménager leur image et le gouvernement

Les distributeurs devraient rester discrets publiquement sur leur refus, afin de ménager à la fois leur image et le gouvernement… Ils attendent le soutien de celui-ci pour modifier la loi Descrozaille, qui prévoit la poursuite du relèvement du seuil de revente à perte pour les produits alimentaires et un plafonnement à 34 % des promos sur les articles d’hygiène-beauté. Bruno Le Maire a incité Alexandre Bompard (Carrefour) et Thierry Cotillard (Intermarché) à rencontrer le député Frédéric Descrozaille.

Les distributeurs misent aussi sur le soutien du gouvernement pour les négociations annuelles avec leurs fournisseurs. Bruno Le Maire a annoncé fin août l’avancement de la date butoir de ces négociations. Le ministre a appelé les distributeurs à le tenir informé si ces négociations, qui doivent se traduire par une baisse des prix en rayon, n’avancent pas assez vite.



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