Les Gens d’à côté, To the Moon, Sons… Les films à voir cette semaine


Le duo Isabelle Huppert et Hafsia Herzi dans le nouveau film d’André Téchiné, une comédie romantique dans les coulisses de la mission spatiale Apollo 11, un huis clos tendu entre une gardienne et un détenu, ou un blockbuster chinois… Les films à voir cette semaine.

Les Gens d’à côté – À voir

Drame d’André Téchiné, 1h25

Elle court tous les soirs en tenue de jogging dans les rues de son quartier de banlieue telle un petit lutin obstiné. Isabelle Huppert arpente comme une acharnée les rues d’une résidence pavillonnaire dont le décor ordinaire baigne dans un quotidien loin d’être glamour… André Téchiné filme son héroïne sans fard, silhouette perdue au souffle court qui progresse pour ne pas sombrer. Huppert incarne Lucie, une simple fliquette de la police scientifique et technique. Dépressive, brisée par le suicide de son mari, Slimane, policier lui aussi, Lucie veut reprendre du service après une longue absence due à un séjour prolongé dans un hôpital psychiatrique. Alors que son supérieur doute de sa volonté de reconduire son activité professionnelle, Huppert lui affirme qu’elle va bien. En réalité, elle se persuade parce qu’elle ne supporte plus de tourner en rond toute seule dans son petit pavillon avec jardin. Une jeune famille s’installe dans la maison d’à-côté. Un soir, en rentrant du travail, elle repère la fillette du couple qui a fait une fugue. Elle la ramène à sa mère, incarnée par Hafsia Herzi. Les deux femmes ne tardent pas à s’apprivoiser. Les deux femmes se rapprochent incidemment. Ces moments de complicité tacite, Téchiné les capte avec discrétion, sachant pertinemment qu’il filme deux actrices au sommet de leur art. Quant à Yann, le mari de Julia (Nahuel Perez Biscayart), il est un artiste peintre lunaire et fantasque, qui adore sa fille, mais cache une facette plus sombre de sa personnalité. O.D.

https://www.youtube.com/watch?v=zXRaVjta-eM

Moi, moche et méchant 4 – À voir

Animation de Patrick Delage et Chris Renaud, 1h34

Un bolide rutilant roule à tombeau ouvert dans les lacets d’une route de montagne sur fond de soleil couchant. Avant même de savoir qui conduit, on entend le vrombissement d’un moteur surgonflé. Un gros plan montre enfin le regard de Gru, sourcils froncés dans le rétroviseur. Il est en mission. Les plus jeunes ne tarderont pas à comprendre l’intrigue de ce quatrième film, qui aura mis sept années avant d’arriver sur les écrans. Devenu super agent de l’Agence Vigilance de Lynx, Gru a arrêté son ancien condisciple Maxime Le Mal et sa petite amie, la fatale Valentina. Mais ce dernier s’évade et cherche à se venger. La femme de Gru, Lucy, leurs filles adoptives, Margo, Edith et Agnès, ainsi que leur nouveau-né Gru Junior se cachent sous de nouvelles identités. Mais passer inaperçu n’est pas toujours facile… Suite endiablée, indéniablement réussie, Moi moche et méchant 4 sait renouveler la franchise tout en gardant l’esprit « poil à gratter » originel de la série. O.D.

To the Moon – On peut voir

Comédie de Greg Berlanti, 2h11

To the Moon, la comédie de Greg Berlanti, est le énième avatar d’un genre hollywoodien : la conquête spatiale, avec ou sans la Lune en ligne de mire.
Le film met aussi en scène les coulisses de la mission Apollo 11 mais milite pour tout autre chose : l’amour. Et comme dans toute bonne comédie romantique, le film de Greg Berlanti fait se rencontrer deux personnages que tout oppose. D’un côté, Kelly Jones, grande prêtresse du marketing et de la publicité, « la tueuse de Manhattan ». La Nasa la recrute pour raviver la flamme du grand public et des sénateurs pour l’espace et trouver des sponsors pour financer le programme. Kelly Jones est jouée par Scarlett Johansson avec une fantaisie sexy et irrésistible. Face à elle, Channing Tatum est parfait en Cole Davis, directeur de lancement psychorigide, ex-pilote de l’armée de l’air, vétéran de la guerre de Corée encore traumatisé par la mort des astronautes d’Apollo 9, brûlés vifs lors d’un exercice au sol. Il répugne à « vendre » le programme d’alunissage comme une marque de céréales. Kelly, le feu, et Cole, la glace, font des étincelles. É.S.

Sons – On peut voir

Drame de Gustav Möller, 1h40

Du calme. Respire. Voilà ce qu’a dû se dire Eva en voyant sortir ce nouveau venu du fourgon pénitentiaire. Cette gardienne de prison a besoin de tout son professionnalisme. Avec son crâne rasé, ce Mikkel est un détenu, disons, difficile. On comprend assez vite que l’héroïne, avec son petit chignon, sa bonne bouille, cache un lourd secret. Il convient de ne pas le révéler ici. La dame en uniforme demande à être transférée au Quartier de Haute Sécurité. Ses supérieurs exaucent son vœu sans poser trop de questions. Eva s’intéresse particulièrement à l’occupant de la cellule 017. Il a écopé de seize ans pour avoir poignardé un co-détenu. Entre la surveillante et le prisonnier s’engage une sorte de duel qui n’est pas exactement à fleurets mouchetés. Les petites brimades se succèdent. La haine est palpable, physique. Dans un univers de lourdes portes qu’on referme d’un coup, de cris étouffés, de grilles qu’on claque, l’affrontement intrigue, inquiète, même si le spectateur le moins futé aura deviné ce qu’il en est. Le suspense ne constitue pas l’essentiel. On assiste plutôt au combat de deux douleurs que les mœurs carcérales amplifient. Le film tient beaucoup à la performance de ses interprètes, la toujours juste Sidse Babett Knudsen et l’inflammable Sebastian Bull Sarning. É.N.

Creation of the Gods – On peut voir

Aventure, drame, fantastique de Wuershan, 2h28

Pour les spectateurs occidentaux, c’est un blockbuster sorti de nulle part. Creation of the Gods du chinois Wuershan, fresque démesurée de 2H28 adaptée de l’une des légendes chinoises les plus populaires, L’Investiture des Dieux de Xu Zhonghin, fait figure d’ovni cinématographique. Avec son budget pharaonique de 345 millions de dollars, ce titanesque projet, qui fait partie d’une trilogie, ne cache pas ses ambitions. Pour mener à bien cette entreprise, les Chinois ont fait appel à un ancien producteur de la saga de Peter Jackson Le Seigneur des Anneaux. On découvre ainsi au générique que le producteur Barrie M.Osborne est «conseiller de production» de Creation of the Gods. L’intrigue de ce premier volet raconte comment le prince Yin Shou tente de monter sur le trône des Shang avec l’aide de sa maîtresse, elle-même sous l’emprise du démon Renard. Un sage taoïste et un jeune guerrier vont s’allier pour combattre le tyran. Il faut bien l’avouer les premières images, impressionnantes, dégagent un souffle mythologique indéniable. Lors de l’attaque d’une cité sous la neige, le fils du potentat assiégé enlevé il y a des années par le général de l’armée assaillante demande à son père de se rendre sous peine de se suicider. La suite sera déchirante. Malgré certains effets spéciaux numériques étrangement maladroits, on est bluffé par la qualité des CGI. Il y a du Seigneur des anneaux à la chinoise dans ce long-métrage ample et maîtrisé. Certaines séquences à la démesure assumée rappellent le travail graphique du grand Philippe Druillet pour son adaptation du roman de Gustave Flaubert Salammbô… L’ouvrage est devenu culte. C’est tout ce que l’on souhaite à cette fable fantastique chinoise hors du commun. O.D.



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