les retours très commentés d’Élisabeth Borne et d’anciens ministres à l’Assemblée nationale


L’ancienne Première ministre et d’anciens membres du gouvernement reviennent sur les bancs du Palais Bourbon, suscitant l’indifférence dans l’opposition ou des attentes dans les rangs macronistes.


Publié



Temps de lecture : 2 min

Elisabeth Borne à l'Assemblée nationale le 13 février 2024. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Élisabeth Borne de retour à l’Assemblée dans un rôle nouveau. L’ancienne Première ministre va occuper pour la toute première fois son siège de députée du Calvados, obtenu en 2022. Les députés Renaissance lui ont réservé un accueil très chaleureux mardi 12 février, avec une standing-ovation pour Élisabeth Borne qui a pris la parole en ouverture d’une réunion de groupe. “C’est avec beaucoup d’émotion que je retrouve mes collègues députés”, a-t-elle déclaré avant un propos plus politique : “Je suis convaincue qu’on doit cultiver l’unité de la majorité pour enrayer la montée des extrêmes”, dit-elle, comme pour répondre à ceux qui la voyaient déjà prendre la tête de l’aile gauche du groupe.

À sa demande, Élisabeth Borne siégera à la commission des Affaires étrangères, comme l’ancien porte-parole du gouvernement Olivier Véran, tandis qu’Olivier Dussopt, ex-ministre du Travail, rejoindra la commission de la Défense. Au total, une dizaine d’anciens membres du gouvernement vont redevenir simples députés, notamment Bérangère Couillard, Clément Beaune, Carole Grandjean, Philippe Vigier, Agnès Firmin-Le Bodo et Olivier Becht. 

Une aile gauche “déboussolée” ?

Le  message d’unité d’Élisabeth Borne est apprécié par la plupart de ses collègues. Le député Renaissance Pieyre-Alexandre Anglade souhaite que sa voix porte : “Évidemment qu’elle aura un rôle singulier compte tenu de l’expérience et de l’histoire qu’est la sienne. Quand vous avez été Première ministre de la France, vous aurez un rôle particulier dans l’expression qui sera la vôtre, dans les prises de position ou dans le poids politique qui sera le sien. Je n’ai aucun doute dans la capacité d’Élisabeth Borne à être une bonne députée.”

Cet avis n’est pas vraiment partagé par les groupes d’opposition. Interrogée sur le retour d’Élisabeth Borne et de plusieurs anciens ministres, Mathilde Panot de La France insoumise leur livre ce message. “Ils vont peut-être comprendre la joie que c’est d’être parlementaire sous la macronie, c’est-à-dire d’avoir un Parlement complètement écrasé. Ils verront ce que c’est de débattre avec des 49.3 qui enlèvent l’ensemble des votes de l’Assemblée nationale”, a déclaré la députée.

Et dans ces ministres qui reviennent à l’Assemblée, il y a surtout des anciens membres ou proches du parti socialiste. Cela pourrait-il présager d’une fibre un plus sociale au sein du groupe Renaissance ? Le socialiste Arthur Delaporte n’y croit pas. “Une aile gauche qui a fait la réforme des retraites et la loi immigration, qui a bu le calice jusqu’à la lie, je considère que c’est une aile amorale, d’une gauche peut être du passé mais qui n’existe pas ou plus, juge-t-il. Moi j’incarne la gauche, je sais d’où je parle et où j’habite. Je crains qu’eux-mêmes ne soient complètement déboussolés, ou sinon ils habitent aux confins de l’extrême droite.” Mais le député socialiste promet de réserver un accueil très républicain à l’ancienne Première ministre.





Lien des sources