« L’île la plus proche du paradis est devenue l’île la plus proche de l’enfer »



« L’île la plus proche du paradis est devenue l’île la plus proche de l’enfer. » C’est le message choc d’une déclaration commune des Églises historiques de Nouvelle-Calédonie, catholique et protestantes, lue dans les églises et les temples de Nouvelle-Calédonie, à la Pentecôte, alors que le territoire français du Pacifique sud est frappé depuis une semaine par des violences d’une ampleur inédite depuis 40 ans, en réaction à une réforme du corps électoral décriée par les indépendantistes.

Ne pas rester de « muets spectateurs inactifs de la tourmente cyclonique »

Dans ce texte, auquel l’archevêque de Nouméa, Mgr Michel-Marie Calvet, en poste depuis 1981 s’est associé, il est souligné que « les chrétiens que nous sommes ne peuvent rester les muets spectateurs inactifs de la tourmente cyclonique qui nous frappe en ce moment ». La déclaration exhorte les croyants de toutes les confessions chrétiennes à apporter leur pierre « pour donner une chance à la paix » après des « heures dramatiques », des « désastres innommables, incalculables qui se sont déroulés et se déroulent encore sous nos yeux, avec ces vies enlevées ».

Regrettant vivement la division des chrétiens, le texte souligne que « l’Evangile apporté il y a 174 ans sur cette terre, sans aucun esprit de conquête, a été progressivement accueilli et adopté comme éléments même d’identité, au même titre que le pilier de la coutume ». « Ce dimanche nous célébrons la Pentecôte. C’est un signe du ciel qui nous est envoyé pour enrayer le processus mortel qui s’est enclenché sans que plus personne, sauf les armes, ne puisse l’arrêter », est-il également écrit.

« Trouver les mots du chemin de la fraternité et de la paix »

« Seul le Ciel, et l’Esprit-Saint, peuvent nous aider à trouver les mots du chemin de la fraternité et de la paix, martèle la déclaration commune. Tel est notre devoir de chrétiens qui s’impose à nous sous peine de trahison. Nous ne pouvons plus nous taire et nous rendre complice du Mal qui, telles les éruptions ravageantes d’un volcan, se met à régner partout en répandant le désastre et la misère. »

Déplorant que les « propos politiques » ne soient plus « audibles, crédibles », elle appelle à dire « non à la violence qui n’engendrera qu’un surcroît de violence, de malheur et de larmes » et à exiger « de nos élus une obligation de résultat pour un avenir partagé de paix et de concorde, de fraternité perdue et retrouvée ».

De son côté, la Conférence des évêques de France a invité « tous les catholiques à s’associer à la prière proposée par les Églises chrétiennes en Nouvelle-Calédonie » et affirmé que « cette crise est le signe qu’un travail plus approfondi est nécessaire encore pour construire un avenir favorable pour tous ».



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