malaise dans la majorité après les annonces de Gabriel Attal sur la réforme de l’assurance-chômage


En remettant sur la table une réduction de la durée d’indemnisation des chômeurs, le Premier ministre a fait réagir les partenaires sociaux, les oppositions politiques… et dans son propre camp.


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L'annonce de Gabriel Attal sur la réduction de la durée d'indemnisation du chômage ne convainc pas l'économiste Alexandre Delaigue. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Allez si vite, et si fort : la méthode d’abord interroge. En proposant un nouveau durcissement des conditions d’assurance chômage, Gabriel Attal s’engage dans sa première réforme de structure pour trouver des économies dans un contexte budgétaire dégradé, au risque de nourrir la contestation sociale avant les élections européennes. Réduire la durée d’indemnisation ou son niveau, augmenter le temps travaillé pour être couvert, le Premier ministre a affiché la couleur mercredi 27 mars, désireux de rendre le “modèle social” français plus “incitatif” à l’emploi.

Trois pistes pour réformer l’assurance-chômage et les partenaires sociaux vont être amenés, dans un premier temps, à négocier. Même si les syndicats le disent déjà : ils ne veulent pas de cette réforme. Et même dans le camp d’Emmanuel Macron, certains s’interrogent sur cette future réforme.

“S’il s’agit de faire des économies, autant le dire”

Une telle pression sur les syndicats, c’est d’une grande brutalité“, confie ainsi un élu Renaissance. Mais ce qui questionne le plus, c’est la philosophie : Emmanuel Macron, lui-même, avait vanté une nouvelle approche pour l’assurance-chômage avec un système modulable. Le chômage baisse, les conditions se durcissent, le chômage augmente, les conditions s’assouplissent, comme le présentait la réforme de 2022.

“On ne peut pas dire, qu’en ce moment, ça va bien, ce qui justifierait un tour de vis“, estime un cadre de la majorité, alors que le chômage stagne. Et d’ajouter : “S’il s’agit de faire des économies, autant le dire“. Reste qu’une fois les négociations abouties ou pas entre les partenaires sociaux, les parlementaires risquent bien de ne pas avoir leur mot à dire, ni d’avoir à se compter. Comme la loi le lui permet, le gouvernement pourra faire passer sa réforme, par décret.





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