“Mode jetable” : un malus de 5 euros pour chaque vêtement acheté sur Shein ou Temu ?


Le député LR de la Loire, Antoine Vermorel-Marques, s’attaque à la “mode jetable”, en particulier celles des géants chinois Shein et Temu.
L’élu de 30 ans souhaite instaurer un système de bonus-malus en fonction de l’impact environnemental de chaque produit.
Sa proposition de loi sera bientôt débattue à l’Assemblée nationale.

“On commence avec des chaussures trop canons, trop classes !” C’est tout en ironie que le député Les Républicains (LR) de la Loire Adrien Vermorel Marques aborde un sujet qui lui tient à cœur : les dégâts causés par la “fast-fashion”. Derrière son bureau, dans une vidéo publiée sur son compte TikTok, le jeune élu se filme en train de découvrir les articles achetés sur le site du géant chinois Shein. Des produits dangereux, souligne-t-il, en présentant cette fameuse paire de chaussures. 

“Elles ont été traitées au phtalate, un perturbateur endocrinien qui peut tous nous rendre stériles”, explique-t-il. “J’ai aussi pris ce vêtement pour mon bébé, trop canon, trop classe ! Il a été fabriqué au formaldéhyde, une substance potentiellement cancérigène pour les enfants.”

Mauvais pour la santé, l’environnement… et l’économie

Adrien Vermorel Marques a fait de la lutte contre la “mode jetable” son combat. Le député de 30 ans a déposé une proposition de loi visant à instaurer “un malus sur tous les produits de la fast-fashion pour qu’elle soit définitivement démodée”. Objectif ? La mise en place d’une taxe de cinq euros pour chaque article acheté afin de pénaliser les fabricants et de faire face aux conséquences néfastes de cette surconsommation, aussi bien pour l’environnement et la santé que l’économie. 

“C’est très important”, fait-il valoir au micro de TF1. “Aujourd’hui, on a un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard d’euros. L’enjeu, c’est vraiment d’arriver à réguler ce marché-là, avant qu’il détruise l’ensemble de nos emplois et l’ensemble de nos boutiques en centres-villes.” 

“Réconcilier réindustrialisation et écologie”

“Ce qu’on préconise, c’est un système de bonus-malus (…) Vous achetez un t-shirt sur une des grandes plateformes en ligne qui n’a pas de boutiques en France, c’est un t-shirt qui pollue énormément donc on va vous mettre un malus sur le principe du pollueur payeur”, détaille Adrien Vermorel Marques auprès de franceinfo. “En revanche si vous achetez un t-shirt respectueux de l’environnement, des normes sociales et environnementales, vous aurez un bonus.” Dans son viseur : les entreprises qui proposent 1000 nouveaux produits par jour, notamment Shein, Temu ou encore Aliexpress. 

Un système de bonus-malus contre ces modèles de consommation existe déjà dans la loi AGEC de 2018, qui prévoit une pénalité allant jusqu’à 20% du prix de l’article payé par le consommateur. Adrien Vermorel Marques la juge insuffisante et pointe les tarifs dérisoires pratiqués sur les plateformes de “fast-fashion”, avec des vêtements parfois vendus à peine plus de deux euros. 

Débattue début mars, lors d’une semaine transpartisane à l’Assemblée nationale, sa proposition de loi sera-t-elle adoptée ? Rien n’est moins sûr. Auprès du Monde, le député affiche néanmoins son optimisme, évoquant un sujet qui parle aussi bien “à la droite qu’à la gauche, car il s’agit de réconcilier réindustrialisation et écologie”.  


Marie TERANNE



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