Nicolas de Tavernost s’en va après trente-sept ans à la tête de M6, remplacé par David Larramendy


David Larramendy, à Paris, le 14 décembre 2022.

Imagine-t-on Nicolas de Tavernost en train d’exécuter un « shoulder bridge » ou un « hundred » sur un tapis de Pilates ? Le pétulant patron de M6, que l’on a déjà du mal à se figurer ailleurs que dans les étages supérieurs du bâtiment qui abrite le groupe audiovisuel à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), laisse sa place, ce 23 avril, à un adepte revendiqué de ce sport.

En fin d’après-midi, un conseil de surveillance doit hisser David Larramendy à la présidence du directoire du groupe, dont son prédécesseur a accompagné chaque étape pendant trente-sept ans. Ses fonctions à la direction générale de la régie publicitaire seront désormais assurées par Hortense Thomine-Desmazures, l’actuelle directrice générale adjointe chargée du digital, de l’innovation et du marketing.

C’est avec le calme non pas des vieilles troupes mais d’un diplômé de Supélec et titulaire d’un MBA de la Wharton School de l’université de Pennsylvanie (décroché au milieu des années 2000) que l’intéressé accède au poste. Et avec la placidité, aussi, d’un dirigeant dont les états de service parlent pour lui.

Ses résultats à la direction de la « cash machine » du groupe, qu’il assume depuis fin 2014, ne devraient pas lui nuire. Grâce à 1,067 milliard d’euros de recettes publicitaires pour 1,315 milliard de chiffre d’affaires consolidé en 2023 (en baisse toutefois de 3 % sur un an), le groupe M6 est le plus rentable du paysage audiovisuel français : 22,9 % de marge opérationnelle, contre 24,8 % en 2022. Diriger M6, comme tant d’autres l’ont espéré, vainement, avant lui, relève d’un « cheminement », estime l’heureux élu. « J’ai 50 ans depuis quelques semaines, je travaille depuis un quart de siècle. Chaque expérience fait grandir », résume-t-il, attablé dans une salle de réunion à la place où son prédécesseur avait coutume de s’asseoir.

« Une façon de penser »

« David est un gars doué, doté d’une double formation d’ingénieur et de commercial, l’adoubait Nicolas de Tavernost début avril, lors d’une rencontre avec des membres de l’Association des journalistes médias (AJM). Il ne va pas tout bouleverser. Il a des valeurs, il est assez RSE (responsabilité sociale de l’entreprise), assez moderne… » Arrivé dans le groupe en 2008 (après un passage chez Mistergooddeal et la banque Goldman Sachs, à Londres), il a largement eu le temps de mêler sa façon de faire à la culture maison. « Les études d’ingénieur, ça donne une façon de penser face à un problème, revendique-t-il. En le divisant en plusieurs problèmes plus faciles à régler, par exemple. En essayant d’être le plus rationnel possible dans les discussions, afin de sortir de la dimension “ego”, aussi. »

Il vous reste 52.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lien des sources