“On ne met pas des panneaux au milieu de la forêt !” : inquiétudes autour du projet de méga centrale solaire en Gironde


S’il voit le jour, ce sera le plus grand parc solaire de France.
Le projet Horizeo, à 20 kilomètres de Bordeaux, permettrait de subvenir aux besoins en électricité décarbonée d’une ville de 500.000 habitants, mais après avoir rasé près de 1.200 hectares de forêt.
Le projet suscite une vive opposition sur place, des riverains pointant notamment un risque de départs de feu, comme l’a constaté TF1.

Ils veulent construire la plus grande centrale solaire de France, en pleine forêt. Baptisé Horizeo, ce projet prévoit la construction, d’ici quatre ans, d’un parc photovoltaïque d’une puissance de 800 mégawatts (MW) sur 680 hectares de forêt à Saucats (Gironde). Dans le détail, 1200 hectares de cette immense forêt privée seront déboisés, l’équivalent de 1500 fois la pelouse du stade de France (images d’illustration ci-dessous). 

Image d'illustration de ce photovoltaïque géant en Gironde.
Image d’illustration de ce photovoltaïque géant en Gironde. – TF1
Schéma projet photovoltaïque en Gironde.
Schéma projet photovoltaïque en Gironde. – TF1

Si un tiers de ce projet porté par Engie et Neoen sera dédié au photovoltaïque, le reste sera consacré à la sylviculture et à la restauration de la biodiversité. L’intérêt de cet emplacement ? La proximité du site avec un puits sans poste électrique. À terme, la centrale pourrait produire une énergie décarbonée pour 500.000 habitants.

“Avec ce projet, on peut permettre d’atteindre 10 à 15% de l’objectif de la région Nouvelle-Aquitaine”, assure Matthieu Le Grelle, directeur du développement du projet Horizeo. “On a privilégié un projet conséquent, ambitieux, mais exemplaire plutôt que de multiplier des projets de taille plus modeste”, poursuit-il, interrogé dans le reportage à voir en tête de cet article. 

Ils ne peuvent pas garantir qu’il n’y aura aucun départ de feu

Marlène Coulomb, présidente de l’association Horizon forêt

Pour le conseiller régional de Nouvelle Aquitaine Vital Baude, “on ne peut pas sauver le climat en détruisant des forêts“. Cet élu préconise d’autres méthodes. “La solution que je propose, c’est de répliquer ce genre de projets partout où c’est nécessaire. Tous les bâtiments de centres commerciaux ou d’usine. Bien évidemment que les projets de dimensions plus petites sont moins simples à monter, mais c’est vers ça qu’on doit se diriger”, affirme-t-il depuis le Parc des Expositions de Bordeaux, lui-même recouvert de panneaux photovoltaïques. 

Selon Horizeo, seul un hectare sera artificialisé, et le projet s’engage à replanter deux fois et demi les surfaces défrichées. Près de la future centrale, certains habitants s’inquiètent. “Non ! On ne veut pas des panneaux au milieu de la forêt. Le risque est trop fort. Ils ne peuvent pas garantir qu’il n’y aura aucun départ de feu sur ce site. C’est impossible”, martèle Marlène Coulomb, présidente de l’association Horizon forêt. 

À noter qu’à seulement 50 km, un arrêté de fermeture a été pris en juillet par la mairie de Sainte-Hélène, dans le Médoc, après un nouvel incendie dans un parc photovoltaïque. Une dizaine de départs de feu y ont été enregistrés en quatre ans à cause des moteurs situés sous les panneaux solaires. “On fera tout ce qu’il faut pour ne pas que ce projet se fasse”, s’insurge Marlène Coulomb. 

Autre crainte : d’après le sylviculteur Vincent Giraudeau, ses arbres situés en bordure du futur parc solaire seront directement exposés au vent. “Ils se retrouvent immédiatement sans protection en bordure, au premier coup de vent ou à la première tempête, ils vont se retrouver par terre”, craint-il. De son côté, Horizeo indique qu’il n’y a pas de risque, les arbres en lisière du projet n’étant pas abattus. 


M.T | Reportage Tristan Vartanian, Morgan Plouchart, Nicolas Forestier



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