Pour le patron de Vallourec, “le captage de CO2, c’est le ‘pot catalytique’ des usines”


Sur BFM Business, Philippe Guillemot, le PDG de Vallourec a détaillé son offre de solutions pour la transition énergétique qui va du captage de CO2 industriel au stockage d’hydrogène vert.

Décarboner l’industrie, Vallourec y travaille. Le fabricant français de tuyaux étoffe son panel de solutions de stockage et de transport de gaz pour verdir les usines. C’est qu’a détaillé Philippe Guillemot, le PDG du groupe ce jeudi sur BFM Business.

Alors que vient d’être mise en service l’usine “Mammoth”, en Islande, capable de retirer 36.000 tonnes par an de CO2 de l’atmosphère (l’équivalent de la consommation de 7.800 voitures), Vallourec est déjà le fournisseur de solutions de captage de gaz à effet de serre produit par l’industrie.

“C’est un marché qui émerge vraiment, il est souvent subventionné, c’est le cas aux États-Unis avec l’IRA, rappelle Philippe Guillemot qui croit en l’avenir de cette solution. Soyons réaliste la baisse des émissions de CO2 nécessite la mise en œuvre de toutes les solutions.”

“Si je faisais un parallèle ça fait très longtemps qu’on met un pot catalytique sur toutes les voitures thermiques. Ce sera la même chose: toute industrie qui émettra du CO2 aura soit à les éliminer, soit à capturer ce CO2 et ensuite à le séquestrer.”

Le fabricant de tubes est spécialisé dans la partie séquestration avec des solutions capables d’envoyer le CO2 capté en sortie d’usine vers les structures géologiques terrestres à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

10 à 15% dans le non-fossile en 2030

L’industriel français est aussi présent dans l’hydrogène vert avec l’annonce en début d’année d’un partenariat avec la société spécialisée H2V qui a fait suite au lancement de Delphy, son dispositif enterré capable de stocker jusqu’à 100 tonnes d’hydrogène gazeux dans des conditions de sécurité maximales.

Autant de solutions prometteuses qui restent pourtant pour l’heure très coûteuses. Ce dont a conscience Philippe Guillemot qui estime cependant que les freins finiront par être levés.

“On l’a vu sur les panneaux solaires, il a fallu 20 ans pour que l’électricité la moins chère le soit avec des panneaux solaires”, rappelle-t-il.

En attendant, Vallourec restera encore dépendant des énergies fossiles un certain nombre d’années. “D’ici 2030, entre 10 et 15% de notre Ebitda sera fait avec des solutions non-fossiles, projette, prudent, Philippe Guillemot. Un ordre de grandeur: une solution de stockage de 50 tonnes d’hydrogène c’est 50 millions d’euros l’unité. Il ne faut pas vendre beaucoup d’unités de stockage pour générer un chiffre d’affaires significatif pour Vallourec.”

Pour décarboner l’industrie, il faut souhaiter cependant que le français en vende beaucoup.

Frédéric Bianchi



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