Première assemblée générale sans incidents pour le Casino version Kretinsky



Le distributeur Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival), a rassemblé mardi à Paris ses actionnaires pour la première fois depuis que ses nouveaux propriétaires, emmenés par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, en ont pris les commandes fin mars, dans une assemblée générale qui s’est tenue dans le calme.

Quelques signes de mécontentements de la part d’actionnaires historiques qui ont perdu la quasi totalité de leur mise, des interrogations sur la « taille critique » du groupe, mais une ambiance beaucoup plus sereine que quelques semaines plus tôt chez Carrefour et l’ensemble des résolutions adoptées à une écrasante majorité: l’assemblée générale des actionnaires de Casino s’est déroulée sereinement mardi à la Maison de la Mutualité à Paris, malgré le destin chahuté du groupe.

Casino, qui employait fin 2022 encore 200.000 personnes dans le monde dont 50.000 en France, a connu en 2023 une spectaculaire restructuration de la dette contractée sous la houlette du précédent patron, Jean-Charles Naouri. Cela a profondément modifié à la fois l’identité du groupe et le profil de ses propriétaires.

Casino a multiplié les cessions pour tenter de survivre à un endettement devenu intenable, se retirant de l’Amérique latine où travaillaient les deux tiers de ses salariés et vendant notamment la quasi-totalité des magasins français grand format, le cœur historique de son activité, à ses concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour.

Plan à l’automne

Ses effectifs sont passés sous les 30.000 et le groupe a annoncé fin avril que 1.300 à 3.200 postes pourraient encore disparaître dans les mois à venir: 1.293 suppressions nettes au sein des fonctions sièges et jusqu’à “1.974 postes au maximum » dans des supermarchés et des sites logistiques n’ayant pas trouvé preneur.

Il est « impératif de redresser très rapidement les comptes et de revoir notre gestion de la trésorerie pour assurer la pérennité du groupe », a déclaré le directeur général Philippe Palazzi lors de l’assemblée générale.

Il promet que la direction du groupe présentera son « projet stratégique et (sa) trajectoire financière de manière détaillée et chiffrée cet automne », se livrant actuellement à une analyse « en profondeur la situation financière, commerciale, opérationnelle et culturelle du groupe ».

Commercialement, le groupe conserve les « Petits Casino », enseigne historique qui pèse une toute petite part des ventes; Monoprix qui, avec Naturalia, représente près de la moitié des 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés en 2023 sur le périmètre conservé (8.634 magasins); Franprix ainsi que des réseaux de proximité comme Vival ou Spar.

« Champion de la proximité »

Le distributeur entend devenir un « champion de la proximité », dixit son directeur général Philippe Palazzi, en s’appuyant sur l’exploitation de magasins en franchise. Lors de l’assemblée générale, un actionnaire a notamment partagé des interrogations sur la « taille critique » du groupe.

Précédemment premier actionnaire, Jean-Charles Naouri a vu sa participation massivement diluée par les différentes augmentations de capital, au même titre que l’ensemble des actionnaires historiques.

Les nouveaux actionnaires du distributeur Casino, Daniel Kretinsky, Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds Attestor, détiennent une large majorité du capital et des droits de vote, d’où une adoption très large de l’ensemble des résolutions soumises au vote mardi.

Les actionnaires ont notamment entériné la désignation du nouveau conseil d’administration, à commencer par son président Laurent Pietraszewski. L’ancien secrétaire d’Etat macroniste, chargé des Retraites et de la Santé au travail, avait précédemment travaillé pour le distributeur nordiste Auchan.

La nomination au conseil d’Athina Onassis, descendante du célèbre armateur grec Aristote Onassis, de Pascal Clouzard qui est un ancien cadre de Carrefour, d’Elisabeth Sandager qui est passée par L’Oréal, et de Branislav Miškovič en tant qu’administrateurs, ainsi que de Thomas Piquemal, représentant de Fimalac, Thomas Doerane, d’Attestor, et Martin Plavec, en tant que censeurs, ont également été avalisés.



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