quatre ans après, le contrat de sécurité intégrée enfin adopté en conseil municipal


Après un débat houleux mais sans suspense, la majorité municipale et la droite locale ont adopté le contrat de sécurité intégré (CSI) mardi. L’ultragauche locale, représentée par Myriam Eckert et Philippe Poutou, a voté contre.

Le Figaro Bordeaux

Après un refus de saisir la main tendue de l’ancienne préfète Fabienne Buccio en 2020, puis des négociations entamées en octobre 2022 qui ont traîné, Bordeaux a enfin signé un contrat de sécurité intégrée (CSI) avec l’État. Il a été voté et adopté en conseil municipal, mardi. Cet accord, négocié pour la période 2024-2026, est notamment destiné à faire face à «une évolution à la hausse presque continue» des atteintes volontaires à l’intégrité physique dans Bordeaux (5170 faits délictueux en 2022).

Le CSI présente également dans son diagnostic «une montée significative du sentiment d’insécurité» d’après une enquête réalisée dès 2021 par la Ville et ses partenaires du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Trafic de drogues, violences intrafamiliales, délinquance juvénile, agressions dans les transports en commun, violences urbaines contre les forces de l’ordre aux Aubiers, rodéos sauvages et incivilités sur les voies publiques ont ainsi été identifiés comme les principaux problèmes sécuritaires auxquels les Bordelais doivent quotidiennement faire face.

Collaboration des autorités

Face à ces constats, la Ville et l’État – par le biais du parquet de Bordeaux et de la préfecture de la Gironde – prennent de nombreuses mesures destinées à accroître leur communication et leur coopération sur le terrain en matière de prévention institutionnelle et de soutien aux associations. Parmi les engagements aussi mis en avant : Pierre Hurmic s’engage à recruter 10 policiers municipaux supplémentaires par an d’ici la fin du mandat, ainsi qu’à remplacer la totalité des départs à la retraite et des mutations. La question de leur équipement en arme létale, qui a conduit le service à manifester en juin et appelé de ses vœux par l’opposition, doit être «discutée à la rentrée», promet la majorité. Du côté de la police nationale, qui couvre la métropole bordelaise et la zone d’Arcachon, 40 postes de fonctionnaires doivent être ouverts à la rentrée. Une soixantaine de caméras, installées au rythme d’une vingtaine par an, doivent compléter le dispositif de vidéoprotection déjà en vigueur.

Les mesures mises en œuvre par le CSI sont néanmoins critiquées pour leur «insuffisance» par la droite locale. «Les Bordelais doivent retenir une chose : vous allez signer le CSI, et nous allons le voter. Est-ce que cela permettra de répondre concrètement à tous les problèmes de sécurité dans nos rues, j’ai des doutes, mais ils attendent de votre part des actions concrètes et des résultats», a ainsi taclé Aziz Skalli (Renouveau Bordeaux) après avoir soulevé le mal-être de la police municipale. Tandis que l’ancien maire Nicolas Florian (Bordeaux Ensemble) renchérissait : «Il y a un gouffre entre votre diagnostic et celui que nous faisons. Votre première réaction, Monsieur Hurmic, c’est de dire que c’est moins pire ailleurs.»

Seule l’ultragauche locale s’est opposée à l’adoption de ce premier CSI à Bordeaux. «Avec la signature de ce contrat, vous assumez participer à la politique de Darmanin qui sacrifie nos libertés», a tonné Myriam Eckert (Bordeaux en luttes) en réclamant plutôt la mise en place d’un «numéro de matricule de type RIO» pour les policiers municipaux qui «commettent aussi des violences». «On part sur des impressions de sentiment d’insécurité, mais il n’y a rien dans ce CSI sur la violence institutionnelle», a appuyé Philippe Poutou. «La question du racisme et des violences policières est une insécurité quotidienne. On pense aussi que la dépénalisation ou la légalisation de la consommation de la drogue pourrait limiter ce que vous appelez la délinquance et les méchants trafiquants». Une dernière assertion sur la dépénalisation du cannabis d’abord mise en avant par le conseiller municipal d’opposition Guillaume Chaban-Delmas (Bordeaux Ensemble).



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