selon l’ambassade de Russie à Stockholm, le Kremlin va prendre des «contre-mesures» à l’adhésion de la Suède à l’Otan


LE POINT SUR LA SITUATION – Les contre-mesures seront «de nature politique et militaro-technique afin de minimiser les menaces qui pèsent sur sa sécurité nationale», a écrit la représentation diplomatique russe sur sa chaîne Telegram.

Le gouvernement britannique dévoile des mesures pour renforcer la sécurité des députés confrontés à des menaces croissantes. Volodymyr Zelensky est en Albanie pour demander l’aide des pays des Balkans face à la Russie. Un émissaire chinois effectuera à compter de samedi une tournée européenne. Les dirigeants européens s’opposent à l’envoi éventuel de troupes en Ukraine évoqué par Emmanuel Macron. Le Figaro fait le point sur la situation ce mercredi 28 février.


data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>

L’ambassade de Russie promet des «contre-mesures» à l’entrée de la Suède dans l’Otan

L’ambassade de Russie à Stockholm a assuré que le Kremlin prendrait des «contre-mesures» à l’adhésion de la Suède à l’Otan, dans un message diffusé tard mardi soir sur sa chaîne Telegram. «La Russie prendra des contre-mesures de nature politique et militaro-technique afin de minimiser les menaces qui pèsent sur sa sécurité nationale», en réaction au fait que ce royaume scandinave va devenir le 32e membre de l’Alliance atlantique, a écrit la représentation diplomatique russe. Leur teneur «dépendra des conditions et de l’ampleur de l’intégration de la Suède à l’Otan, y compris du déploiement éventuel dans ce pays de troupes, de moyens et d’armes» de l’Alliance atlantique, poursuit-elle.

La Suède a obtenu lundi le feu vert du parlement hongrois à son entrée dans cette organisation, ce qui a levé le dernier obstacle à un processus d’adhésion entamé il y a deux ans. Ce pays, désireux de rejoindre l’Otan depuis l’invasion russe de l’Ukraine, va ainsi mettre fin à plus de 200 ans de non-alignement militaire.

«C’est à la Suède qu’il appartient de faire un choix souverain sur sa politique de sécurité. Dans le même temps, l’entrée de la Suède dans une alliance militaire hostile à la Russie aura des conséquences négatives sur la stabilité en Europe du Nord et autour de la mer Baltique qui reste notre espace commun» et qui ne deviendra jamais un «lac de l’Otan», assène la diplomatie russe sur Telegram.

Face à des menaces croissantes, le gouvernement britannique renforce la sécurité des députés

À quelques mois des élections législatives, le gouvernement britannique a dévoilé mercredi des mesures pour renforcer la sécurité des députés, confrontés à des menaces croissantes récemment exacerbées par la guerre entre Israël et Gaza. Le conflit, à l’origine d’importantes tensions dans la société britannique, a encore aggravé l’hostilité de plus en plus vive à laquelle font face les élus britanniques ces dernières années, marquées par les meurtres de deux parlementaires. «Aucun d’entre nous ne devrait avoir à accepter que subir des crimes haineux, du harcèlement ou des menaces fasse partie du travail», a dit le ministre de l’Intérieur James Cleverly, en annonçant les nouvelles mesures.

Une enveloppe de 31 millions de livres sterling (36,2 millions d’euros) va être consacrée à la protection des élus. Ceux-ci auront un interlocuteur direct au sein de la police, avec lequel ils pourront communiquer sur les questions de sécurité. Pour les élus les plus à risque, un service de sécurité privé pourra être mis à disposition.

Croissantes depuis la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, ces tensions surviennent alors que les élections législatives doivent avoir lieu au Royaume-Uni d’ici la fin de l’année. Selon la députée travailliste Lisa Nandy, l’inquiétude des élus pour leur sécurité ne cesse de monter. «Nous avons eu des incidents au cours desquels des personnes, y compris moi, ont été accostées dans la rue, encerclées et filmées», a-t-elle raconté à la télévision Sky News ce week-end.

Zelensky en déplacement dans les Balkans

Premier déplacement dans les Balkans pour le président ukrainien depuis l’invasion russe de l’Ukraine. En pleine tournée internationale, Volodymyr Zelensky participe ce mercredi en Albanie à une conférence sur la sécurité. Le ministre albanais des Affaires étrangères Igli Hasani a annoncé son arrivée mardi soir à Tirana, assurant que son pays «était solidaire de l’Ukraine dans son combat héroïque contre la Russie», dans un message sur les réseaux sociaux.

Volodymyr Zelensky sillonne la planète ces dernières semaines pour rallier des soutiens à l’Ukraine dont les forces armées sont confrontées à un manque de munitions et d’armement, dans leur lutte contre l’avancée des forces russes sur le terrain. Il est attendu au sommet des dirigeants des Balkans occidentaux qui se déroule jusqu’à jeudi dans la capitale albanaise. Membre de l’Otan depuis 2009, l’Albanie est un fervent supporteur de l’Ukraine, face à l’offensive russe, mais ses dirigeants sont restés discrets sur le sujet de fourniture d’armes à Kiev.

Incertitude sur l’aide américaine


data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>

Lors de la visite à la mi-février en Albanie, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a salué le soutien de l’Albanie à l’Ukraine. «L’Albanie a été un des premiers pays qui a envoyé l’aide militaire à l’Ukraine après l’agression russe, des armes, des munitions, des véhicules blindés», a déclaré Blinken, en ajoutant que ce pays figurait parmi les dix plus grands soutiens de l’Ukraine, en proportion au nombre d’habitants.

Ce voyage dans les Balkans intervient au moment où le président américain Joe Biden reçoit à la Maison-Blanche les responsables démocrates et républicains du Congrès pour essayer de débloquer une aide de 60 milliards de dollars (55 milliards d’euros) à l’Ukraine. Volodymyr Zelensky répète régulièrement que son pays a désespérément besoin du soutien continu de l’Occident pour vaincre la Russie.

Avant d’arriver à Tirana, le président ukrainien a effectué une visite en Arabie saoudite pour discuter de la médiation de ce pays dans les échanges de prisonniers de guerre entre Kiev et Moscou et de la «formule de paix» proposée par Kiev pour mettre fin à l’invasion russe.

Washington dit soutenir la «souveraineté» de la Moldavie après l’appel des séparatistes prorusses à Moscou

Les Etats-Unis ont dit mercredi soutenir «la souveraineté» de la Moldavie en réaction aux autorités de la Transdniestrie, une région séparatiste prorusse de Moldavie, qui ont demandé à la Russie des «mesures de protection», sur fond de tensions exacerbées par le conflit en Ukraine voisine.

«Les Etats-Unis soutiennent fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Moldavie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues», a déclaré à la presse Matthew Miller, porte-parole du département d’Etat.

Un émissaire chinois sera en Russie, dans l’Union européenne et en Ukraine cette semaine

L’émissaire de la Chine pour l’Ukraine Li Hui effectuera à compter de samedi une visite en Europe, qui le conduira notamment en Russie, au siège de l’Union européenne à Bruxelles et en Ukraine, a indiqué mercredi la diplomatie chinoise. Li Hui, qui s’est rendu en mai dernier en Europe en mai pour des discussions, est par ailleurs attendu en Pologne, en France et en Allemagne pour évoquer le conflit en Ukraine, a précisé Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La diplomatie chinoise a été critiquée par les Occidentaux sur le dossier ukrainien. Car si elle appelle au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays – sous-entendu Ukraine comprise – elle n’a jamais condamné publiquement l’offensive russe, ni appelé Moscou à retirer ses troupes. Depuis le début de l’intervention russe en Ukraine, «nous n’avons jamais renoncé à nos efforts pour promouvoir la paix et pour encourager les pourparlers», a souligné Mao Ning, en rappelant la position chinoise lors d’un point presse régulier. La Chine et la Russie partagent une volonté commune de contrer ce qu’ils présentent comme l’hégémonie américaine. À cet égard, les deux pays voisins se sont notoirement rapprochés sur les plans politique et économique depuis deux ans.

Macron isolé sur l’envoi de troupes

En Europe, un débat houleux a été provoqué à travers le continent par Emmanuel Macron qui a agité lundi soir le spectre d’un éventuel envoi de troupes au sol en Ukraine, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens à Paris. Berlin, Londres et d’autres alliés européens de Kiev ont opposé mardi une fin de non-recevoir à ses propos.

Le président américain Joe Biden a aussi catégoriquement écarté l’idée d’envoyer des troupes. «Le président Biden a été clair sur le fait que les États-Unis n’enverront pas de soldats combattre en Ukraine», a déclaré mardi Adrienne Watson, porte-parole adjointe du Conseil de sécurité nationale. Joe Biden estime que «le chemin de la victoire» passera par une aide militaire pour l’instant bloquée par le Congrès, a-t-elle ajouté.

Le Kremlin a de son côté jugé qu’il n’était «absolument pas dans l’intérêt de ces pays» d’envoyer des soldats en Ukraine et mis en garde contre «l’inévitabilité», dans ce cas, d’un conflit direct entre l’Otan et la Russie. Après s’être retirée il y a une dizaine de jours de sa ville forteresse d’Avdiïvka (est), l’armée ukrainienne a confirmé lundi et mardi sa retraite de trois villages voisins, Lastotchkyné, Sieverné et Stepové, plus à l’ouest.


data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>



Lien des sources