Série Euro 84 (1/17) : Des tauliers et du sang neuf



Deux ans après sa 4e place au Mundial espagnol, la France organise l’Euro, dont le format est inédit : les 2 premiers des deux groupes de quatre se croiseront en demies. Pour les bookmakers, la tête du groupe I est promise à la France (Belgique, Danemark, Yougoslavie) et celle du groupe II à la RFA, tenante du titre (Espagne, Portugal, Roumanie), en l’absence de plusieurs grands du continent, comme l’Italie, championne du monde.

Après un stage en altitude à Font-Romeu ponctué par deux promenades de santé improvisées contre Andorre (9-0 et 5-1) et un succès contre l’Écosse à Marseille (2-0), les Bleus ont achevé leur préparation par une répétition générale au Parc des Princes le 9 juin, avec une opposition à huis-clos face au Bataillon de Joinville (3-0), avant de rejoindre le Relais du prieuré à Saint-Lambert-des-Bois. Une ancienne abbaye au coeur de la vallée de Chevreuse choisie pour son calme. Pour le confort des Bleus, leur intendant Henri Guérin a obtenu des propriétaires qu’ils aménagent les chambres individuelles, en les équipant d’un téléviseur et d’un lit plus large (140 cm contre 90 cm).

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Aucun des 3 gardiens figurant dans le groupe de 20 joueurs retenus par Michel Hidalgo (Joël Bats, Philippe Bergeroo, Albert Rust), n’était présent lors de la Coupe du monde 1982 en Espagne (Jean-Luc Ettori, Dominique Baratelli, Jean Castaneda).

À la veille de défier le Danemark, attablé dans le parc du prieuré, Michel Hidalgo annonce à la presse reconduire l’équipe qui a battu l’Écosse le 1er juin : si l’ossature est composée d’« anciens » de 1982 (Amoros, Bossis, Battiston, Tigana, Giresse, Platini, Lacombe, Bellone), l’équipe de France, invaincue depuis neuf mois, a gagné en solidité grâce à l’apport du gardien auxerrois Joël Bats, du stoppeur monégasque Yvon Le Roux, associé dans l’axe à Maxime Bossis depuis la retraite internationale de Marius Trésor, et au milieu du PSG Luis Fernandez, préféré à Bernard Genghini pour équilibrer le « carré magique ». « On était sûrs de nos forces, rembobine Alain Giresse. On avait gagné en confiance et en maturité. »

Avant d’attaquer son ultime tournoi à la tête des Bleus, Hidalgo appelle à se méfier du Danemark, dernière équipe à avoir battu ses troupes, en amical à Copenhague (1-3) le 7 septembre 1983. Une rencontre arbitrée ce soir-là par l’Allemand Volker Roth, désigné pour diriger leurs retrouvailles en ouverture de l’Euro.



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