seules 18 % des communes respectent les seuils de produits « durables » et « de qualité » fixés par la loi EGalim


Collège Arthur-Rimbaud à Montpellier, le 4 avril 2024. (Image d’illustration)

Les objectifs sur la qualité des produits servis dans les cantines scolaires ne sont toujours pas atteints. L’Association des maires de France (AMF) a révélé dans une enquête, mercredi 19 juin, que seules 18 % des communes respectaient les seuils de produits « durables » et « de qualité » fixés par la loi EGalim pour les repas servis dans les établissements scolaires.

Cette législation de 2018, complétée par la loi Climat et résilience de 2021, avait fixé des objectifs aux communes. Elles doivent, en principe, offrir au moins 50 % de produits dits « durables » et « de qualité » en valeur d’achat dans les cantines, dont au moins 20 % de produits biologiques. En 2020, lors de la précédente enquête, deux fois plus d’établissements scolaires pensaient pouvoir atteindre ces seuils.

Pour expliquer ce retard de la mise en place de ces mesures, 40 % des répondants à l’enquête citent des difficultés plus fortes pour s’approvisionner. Les raisons évoquées sont la hausse des prix, l’insuffisance de diversité ou de la quantité dans l’offre, ainsi que des contraintes logistiques. Mise en application en 2022, cette législation, ne prévoit pas de sanction particulière.

un menu végétarien proposé par 90 % des communes

Le coût moyen d’un repas à la charge des communes est passé, en trois ans, de 7,63 euros à 8,49 euros. Cette hausse s’explique par la montée des prix des matières premières, des coûts de l’énergie et des frais de personnel, conduisant 63 % d’entre elles à augmenter leurs tarifs. Toutefois, la hausse reste « majoritairement inférieure à 10 % » avec un tarif demandé aux familles généralement compris « entre 1 et 5 euros », alors que 57 % des communes sont confrontées à des impayés.

Si les seuils de produits « durables » et « de qualité » ne sont pas pleinement honorés par l’ensemble des cantines scolaires pour le moment, elles sont toutefois plus nombreuses (37 %) à respecter l’objectif de produits biologiques. « Parmi tous les produits classés IGP [indication géographique protégée], AOP [appellation d’origine protégée] ou label rouge, le plus facile à atteindre c’est le bio qui est très diversifié », a expliqué Gilles Pérole, coprésident de la commission alimentation et restauration scolaire de l’AMF. D’ailleurs, 90 % des communes proposent un choix de menu végétarien comme l’impose la loi Climat.

Sur le front de la lutte contre l’utilisation du plastique, 62 % des communes n’utilisent pas de contenant plastique pour la cuisson et la réchauffe. A partir de 2025, le mode opératoire sans plastique deviendra obligatoire. Un diagnostic de lutte contre le gaspillage a par ailleurs été mis en place par 72 % des communes.

Le Monde avec AFP

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