Sophie Binet dénonce une “répression”



La secrétaire générale de la CGT, dans une lettre envoyée à Elisabeth Borne, dénonce un “contexte de répression anti-syndicale inédit depuis l’après-guerre”.

La numéro un de la CGT, Sophie Binet, dénonce une “répression” et une “atteinte à l’action syndicale” alors que “plus de 1.000 militants” de la centrale sont, selon elle, poursuivis après leur mobilisation contre la réforme des retraites, dans un courrier adressé mardi à la Première ministre.

La convocation d’une cadre et membre du bureau confédéral de la CGT, Myriam Lebkiri, vendredi à la gendarmerie de Pontoise s’inscrit dans un “contexte de répression anti syndicale inédit depuis l’après-guerre”, affirme Mme Binet dans cette lettre à Elisabeth Borne.

Plusieurs militants, outre ceux de la CGT, seront réunis ce vendredi matin pour soutenir Myriam Lebkiri et Marc Roudet, un autre responsable du département, devant la gendarmerie où ils seront entendus pour des actions menées lors des manifestations du premier semestre.

“Des procédures ont été ouvertes contre au moins 17 secrétaires généraux d’organisations CGT, convoqués du fait de leur qualité de secrétaires généraux”, et “plus de 1.000 militants de la CGT sont poursuivis devant les tribunaux”, ajoute la leader de la CGT.

“Une réelle volonté politique de porter atteinte à l’action syndicale”

Début septembre, le patron de la CGT des électriciens et gaziers, Sébastien Ménesplier, avait été entendu pour des actions pendant la réforme des retraites devant la gendarmerie de Montmorency.

Fin octobre, un secrétaire départemental de la CGT et une employée avaient été arrêtés “à 6h20 chez eux par des policiers cagoulés”, avait rapporté un représentant local du syndicat, et placés en garde à vue pour “apologie du terrorisme” et “provocation publique à la haine ou à la violence” après un tract appelant à une manifestation de soutien aux Palestiniens à Lille.

Pour Sophie Binet, “la multiplicité de ces procédures ne fait que traduire une réelle volonté politique de porter atteinte à l’action syndicale”.

“Ce harcèlement judiciaire ne peut plus durer (…). Il s’agit d’une remise en cause des libertés fondamentales d’expression et d’action collective”, écrit-elle en réclamant que ceux qui ont été condamnés “soient rétablis dans leurs droits” et qu’une “loi d’amnistie” soit adoptée

“Plutôt que de cibler des syndicalistes assimilés de façon scandaleuse à des voyous ou à des terroristes, votre gouvernement gagnerait à demander aux parquets de se concentrer sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite”, “le trafic de drogue, les violences sexistes et sexuelles, et la délinquance en col blanc”, suggère Sophie Binet à la Première ministre.



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