un an après la mort d’une fillette, la femme du suspect mise en examen à son tour



Le 10 juin 2023, une fillette de 11 ans a été tuée par des tirs d’armes à feu à Plovenez-du-Faou (Finistère). L’auteur des coups de feu, qui a également blessé les parents de l’enfant, a été mis en examen pour “assassinat”.

Le 10 juin 2023, Solaine, 11 ans, jouait dans le jardin de la maison familiale située dans le hameau de Saint-Herbot (Finistère) quand elle a été atteinte d’une balle. La fillette est décédée sur le coup. L’auteur du coup de feu est son voisin, un homme de 71 ans, venu en découdre avec les parents de l’enfant pour un conflit de voisinage. Il a été mis en examen rapidement. Récemment, c’est son épouse qui a aussi été mise en examen pour “non-assistance à personne en danger”, a appris BFMTV.com de source judiciaire confirmant les informations de Ouest-France.

La mort de la fillette de 11 ans avait provoqué un vif émoi à Plovenez-du-Faou, la commune à laquelle le village où habitait la famille d’origine britannique, habitait. Ce samedi soir d’été, Solaine et sa petite soeur âgée de 8 ans jouait dans leur jardin, en présence de leurs parents, quand leur voisin, un homme de nationalité néerlandaise de 70 ans, a fait irruption.

Des tirs à 3 ou 4 reprises

Selon les éléments communiqués par le procureur de la République de Brest à l’époque, le septuagénaire a tiré à trois ou quatre reprises en direction de la famille, les parents étant assis sur un banc et les fillettes jouant sur un trampoline. Solaine, l’aînée des deux soeurs, a été atteinte au coeur et est morte sur le coup. Le père de famille, âgé de 50 ans, a été grièvement blessé à la tête. Sa femme a seulement eu le temps de crier “Courrez” à ses filles avant de s’effondrer atteinte par deux projectiles. Seule la cadette s’en est sortie indemne et trouve refuge chez des voisins.

Le septuagénaire s’est retranché chez lui avec sa femme pendant plus d’une heure. Le GIGN s’était rendu sur les lieux, avant que le couple ne se rende aux gendarmes. Deux jours plus tard, Dirk Raats a été mis en examen par la juge d’instruction en charge du dossier pour “assassinat” et “tentative d’assassinat”. La justice a, à ce stade, retenu le caractère prémédité de son geste, le procureur de Brest expliquant notamment que l’homme est allé chercher son arme, s’est approché et a ensuite tiré à plusieurs reprises avec une carabine 22 long rifle.

Rapidement, l’enquête avait établi qu’un conflit de voisinage ancien existait entre les deux couples. Des rancoeurs causées par des travaux de défrichage mené par la famille britannique, qui avait notamment coupé des arbres qui masquaient la maison de leur voisin. A cela s’ajoute une consommation de drogue et de drogue, le couple ayant été contrôlé positif aux deux substances lors de leur interpellation. En garde à vue, le septuagénaire avait exprimé des regrets.

Nouveaux éléments

Il y a un an, la juge d’instruction avait placé l’épouse, de nationalité belge, du mis en cause sous le statut de témoin assisté pour “dissimulation d’éléments de preuve”. La justice la soupçonne d’avoir tenté de cacher l’arme utilisée par son mari. L’enquête, et notamment la reconstitution organisée il y a quelques semaines, a toutefois permis de faire émerger de nouveaux éléments à son encontre, des indices graves ou concordants selon la formule consacrée, menant à la mise en examen de cette femme le 24 mai dernier.

“C’est la suite de toute l’instruction, ce qui a été rassemblé, y compris la reconstitution, les auditions”, qui a mené à ce changement de statut, explique Camille Miansoni, le procureur de Brest, dont le parquet a délivré un réquisitoire supplétif pour pouvoir enquêter sur ces nouveaux éléments.

Le père de famille était resté dans le coma jusqu’au mois de septembre. Aujourd’hui, la famille de la fillette restée dans la région. L’instruction, elle, en est à sa fin, avec un éventuel procès pour le couple.



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