« Un monde d’écart » entre l’Espagne et la France selon Patrice Lair



« Peut-on dire que les Bleues ont été surclassées face à l’Espagne (0-2) mercredi ?
Oui, il faut le dire, il n’y a pas eu photo sur ce match, surtout au niveau de la maîtrise technique. Il y a un monde d’écart, dans les petits périmètres, dans les décalages sur les côtés. Malheureusement, on a été pauvres techniquement. Même dans la récupération, on n’a pas été performant. Et, après, on perdait le ballon tout de suite. Alors, vous donnez des munitions pour faire des décalages une telle équipe. Et les buts viennent sur les côtés.

Elles sont passées dans les couloirs, elles ont dédoublé mais pas à grande vitesse, juste en petites touches de balles, en maîtrise. C’est surprenant car, d’habitude, nos excentrées travaillent bien dans les couloirs. Mais, aujourd’hui (mercredi), elles ont été inexistantes. De son côté, la France n’a pas été dangereuse. En début de seconde période, on a essayé de jouer un peu plus haut, mais les Espagnoles ont pris la mainmise pour marquer le second but. Il y avait une équipe bien plus forte, la meilleure au monde.

« Sur un match comme celui-ci, on s’aperçoit qu’il va peut-être falloir revoir certaines choses sur le plan technique en France. »

Comment la battre ?
En étant très, très bon à la récupération et à l’utilisation, en plus d’avoir des joueuses en pleine forme devant. Mais Kadidiatou Diani, tu ne l’as pas vue, tandis que (Delphine) Cascarino revient et que Marie-Antoinette Katoto a besoin de jouer pour trouver du rythme. Lors de la première mi-temps, il n’y a eu qu’Eugénie Le Sommer, qui a essayé de garder un petit peu en numéro 10. Elle a pris beaucoup de coups mais a été mobile, elle était la seule à demander le ballon. On a un souci, on n’a plus de joueuse technique au milieu. Eugénie décroche un peu mais n’a pas la qualité technique d’une (Camille) Abily ou d’une (Louisa) Necib.

Aujourd’hui, on n’a plus ce profil de joueuses qui donnait le tempo techniquement. On récupère, on court beaucoup, mais récupérer le ballon puis le perdre, ça ne sert à rien du tout. Le plus est important est de ne pas perdre le ballon, de jouer juste et simple. Il faut améliorer certaines choses dans la maîtrise technique, il y a eu beaucoup trop de déchet. Sur un match comme celui-ci, on s’aperçoit qu’il va peut-être falloir revoir certaines choses sur le plan technique en France. C’est bien de courir et de mettre de l’impact, mais c’est l’utilisation du ballon qui est importante.

« J’ai aussi trouvé que l’équipe manquait de jus. »

Comment combler le retard d’ici les Jeux Olympiques (26 juillet-11 août) ?
Tu peux déjà le combler avec le retour en forme de certaines joueuses. Nos atouts, aujourd’hui, ce n’est pas forcément de la maîtrise technique, c’est la transition avec des filles qui vont vite. Mais j’ai aussi trouvé que l’équipe manquait de jus. Elles ont eu cinq jours de récupération (depuis le succès contre l’Allemagne vendredi), c’est largement suffisant. Il faut encore beaucoup travailler, mais il reste du temps d’ici les JO. »



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